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Forum avec la diaspora : Des grandes questions éludées

Les Camerounais de l’étranger ont commis un mémorandum particulièrement encadré au terme des travaux.

Rien ou presque sur le droit de vote des Camerounais de l’étranger. Invités par le gouvernement au premier forum économique et commercial avec la diaspora, les Camerounais vivant hors du territoire national ont évité les questions qui fâchent. En effet, au terme de cette première rencontre qui a débuté de façon plutôt anecdotique avec une cérémonie d’ouverture avortée le 11 août 2010 au Palais des Congrès de Yaoundé, les membres de la diaspora ont commis, samedi le 14 août dernier un mémorandum essentiellement brodé sur le climat des affaires.
De la lecture de ce document par leur porte-parole à ces assises, Ferdinand Edimo Nana, on s’est bien aperçu qu’ils réclament la mise à disposition permanente de l’information économique et commerciale via les représentations diplomatiques camerounaises dans les différents pays de leur résidence, l’assainissement du climat des affaires qui se caractérise à l’heure actuelle, par une forte pression fiscale, une administration lourde et procédurière. Les Camerounais de l’étranger présents au forum ont également appelé au lancement d’un fonds d’investissement de la diaspora.

Des doléances auxquelles le représentant du Premier ministre à cette manifestation, Jean Nkueté a promis de donner des suites. Notamment pour ce qui concerne la création du fonds d’investissement de la diaspora qui devra permettre, selon le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga, de canaliser les investissements des Camerounais de l’étranger. Des investissements qui représentent 1% du produit intérieur brut du Cameroun et qui, mieux gérés peuvent permettre de meilleurs placements.
Finalement donc, aucune sortie sur les sujets qui animent les débats de la diaspora camerounaise. Et pourtant certains investisseurs camerounais détenteurs de la double nationalité expriment souvent leurs frustrations. Ils font d’ordinaire étalage d’autres obstacles à l’investissement des Camerounais de l’étranger. Il en est de la double nationalité comme du droit de vote des Camerounais de la diaspora. Un autre sujet sensible qui a coûté en mai dernier son poste à Thomas Fozein, ci-devant chef par intérim de la Division des Camerounais à l’étranger au ministère des Relations extérieures.

Avis divergents
Ses responsables hiérarchiques lui avaient fait le reproche d’avoir failli à son obligation de réserve alors qu’il avait affirmé, parlant de la double-nationalité que le projet de loi portant code de nationalité camerounaise était prêt et qu’il ne restait plus qu’à le transmettre à l’Assemblée nationale. Des pétitions visant à faire bouger les choses circulent sur la toile. Lors de son dernier conclave tenu le 10 juillet dernier aux Etats-Unis, le Camdiac a estimé que «la diaspora doit se fédérer pour être une seule voix et réclamer son droit de vote et le droit a la double nationalité. Le défi de la diaspora est donc de se fédérer en une seule force pour mieux réclamer et exercer leurs droits.»
Ceci alors que le capitaine Guerandi Mbara, lui-même membre de la diaspora Camerounaise au Burkina Faso affirmait à cette occasion: «La diaspora est la 11e province du Cameroun». Seulement, les membres de la diaspora camerounaise présents aux assises de Yaoundé estiment que ce ne sont pas que ces revendications qui doivent être mises en avant. Présent aux travaux de Yaoundé, Ferdinand Edimo Nana pense que: «[…] l’occasion nous est donnée officiellement de participer de façon idoine et coordonnée aux efforts de développement de notre pays. Il y a de la place pour tous au rendez-vous du développement du Cameroun».

Des sources proches du ministère du Commerce indiquent que tel n’était pas le but visé par l’organisation du forum. Un avis reprécisé par Luc Magloire Atangana dans le discours qu’il a prononcé à l’ouverture de cette rencontre, «le but de cette rencontre est de voir comment faire participer sereinement la diaspora à la vie du pays. Nous souhaitons que notre diaspora soit une diaspora de progrès. Notre vœu est d’emboîter le pas aux pays comme l’Inde, la Chine, et le Mexique» qui ont des diasporas qui ont permis l’émergence de leurs pays respectifs. Véronique Lehman, franco-camerounaise dirigeant un établissement sanitaire en France estime pour sa part que tout est «dans le cœur. Ce que nous avons à faire va au-delà de la nationalité. L’essentiel est que chaque personne sache toujours d’où elle vient.»
Prévue pour débuter le 11 août dernier, c’est deux jours plus tard, le 13 de ce mois que le premier forum économique et commercial avec la diaspora s’est tenu à Yaoundé. La raison de ce report? Des tensions entre les différents ministères qui ne jugeaient pas de l’opportunité d’organiser un évènement d’une telle envergure dans le contexte politique actuel avec la présidentielle annoncée en 2011 et les différentes revendications qui gravitent autour.

Dorine Ekwè |17 Aout 2010|Mutations|

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