Robert Gaikode et Halidou Hagtai, deux militaires victimes de poly traumatisme par arme de guerre, ont encore des balles non extraites au dos et à l’épaule.
Les militaires camerounais du 22 ème Bataillon des fusiliers marins (Bafumar) basé à Mundemba, blessés à Bakassi lors de l’attaque du 24 juillet 2008 connaissent aujourd’hui de fortunes diverses. Alors que le maitre principal Yaya, blessé au niveau de la poitrine et le maitre Youssouf, atteint au niveau du fémur au cours du combat, sont tous deux guéri de leurs blessures ; les maitres Robert Gaikode et Halidou Hagtaï, ont presque été oubliés. Le premier, encore en observation à l’hôpital militaire de Douala, présente un «poly traumatisme de la cuisse par arme de guerre avec effet blaste», selon les termes d’une correspondance de l’attaché de défense de l’ambassade de France au Cameroun adressée au ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense. Des balles encore non extraites lui restent dans le dos. «Les résultats radiographiques indiquent que j’ai perdu environ 21 cm d’os au niveau du fémur», explique le militaire rencontre sur son lit d’hôpital à Douala.
Halilou Hagtaï qui a, quant à lui, quitté l’hôpital militaire de Douala il y a un an, après un internement pour poly traumatisme à l’épaule gauche, est aussi dans l’attente d’une évacuation sanitaire vers l’hôpital Percy de Paris en France. Cette évacuation reste en effet la seule solution pour ces deux militaires qui nécessitent des greffes d’os, au niveau de la clavicule pour Halidou Hagtaï et du fémur gauche pour Robert Gaikode. Et pourtant, c’est depuis plus d’un an que l’hôpital Percy à Paris attend de les accueillir sous réserve de paiement par la partie camerounaise des cautions qui s’élèvent à environ 16 millions de francs Cfa pour chacun d’eux. «La direction centrale du suivi de santé des armées vient de signifier son accord de principe pour l’hospitalisation à titre exceptionnel du Second maitre Gaikode Robert au Hia Percy», souligne le document apprêté par l’attaché de défense de l’ambassade de France, document d’ailleurs établi également pour Halidou Hagtaï.
«Compte tenu des instructions relatives à l’exécution et au contrôle de l’exécution du budget de l’Etat et des organismes subventionnés pour l’exercice 2009, la ligne budgétaire des évacuations sanitaires et hospitalisations en urgence de la direction de la santé militaire au ministère de la défense ne peut débloquer une telle somme aux fins de paiement de la caution exigée», explique le ministre de la défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o dans une adresse au président de la République via l’Etat major particulier. « C’est pourquoi, souligne le ministre délégué chargé de la défense, je sollicite la très haute intervention de M. le président de la République pour le financement de cette évacuation sanitaire ». La note, datée du 27 aout 2009, attend toujours réponse.
En rappel, l’attaque du 24 juillet perpétrée par des assaillants identifiés comme étant des éléments du groupe Bakassi Freedom Fighters a certes fait des blessés côté camerounais, mais nos forces de défense avaient mis en déroute les occupants des deux embarcations utilisées. « L’une d’elle avait environ une trentaine de personnes à bord. Nous l’avons fait couler. La deuxième a été récupérée et ses occupants tués, même si c’est seulement deux corps que nous avons pu récupérer, les assaillants s’étant jetés à l’eau », raconte un militaire ayant pris part à ce combat qui, dit-il, a duré près d’une heure.
Lazare Kolyang|02 Sep 2010 |Mutations|
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