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SANTE: LE CAMEROUN SE LANCE DANS LA PRODUCTION DE SES PROPRES MÉDICAMENTS DONT LES ANTIRÉTROVIRAUX

Le Cameroun entend franchir une étape significative dans ses efforts de lutte contre le Vih/Sida en produisant dès cette année ses propres médicaments, précisément les antirétroviraux (ARV) dans le but de rendre les soins plus accessibles à ses malades grâce à un partenariat entre une entreprise pharmaceutique industrielle locale et un laboratoire allemand.

Pour quelque 120.000 malades sous ARV sur un total d’environ 570.000 personnes infectées, le gouvernement camerounais annonçait en 2011 des dépenses de 12 milliards de francs CFA (24 millions USD) pour l’achat de ces médicaments qui font intervenir la mise en ligne de huit protocoles due au fait que ce pays d’Afrique centrale concentre les différents types du Vih, de sources officielles.

De l’avis du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, à l’occasion de la dernière édition de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, “c’est très très difficile de gérer en même temps 8 protocoles. C’est ce qui peut entraîner, pour certains protocoles, des tensions à un moment donné”.

Pour pouvoir mieux répondre à ces besoins importants, les autorités ont choisi d’encourager les initiatives de production locale de médicaments liés à la pandémie. Premier résultat de cette option, la Compagnie industrielle pharmaceutique (Cinpharm), déjà engagée dans la fabrication de médicaments génériques, s’est associée avec le laboratoire allemand 1A Pharma Gmbh.

“Nous souhaitons avec notre partenaire mettre tout en œuvre pour qu’au cours de l’année 2012 nous puissions être à même de mettre sur le marché les premiers antirétroviraux made in Cameroon qui devraient respecter la qualité”, a déclaré à la presse après la signature de la convention de partenariat vendredi à Yaoundé le patron de Cinpharm, Célestin Tawamba.

Aucune indication du début de la mise à disposition des premiers spécimens des médicaments concernés n’est pour l’instant donnée. Tawamba s’empresse tout de même d’attirer l’attention sur l’enjeu de “rassurer d’abord les porteurs de cette maladie” en leur fournissant à des prix plus abordables le traitement.

Selon le ministre de la Santé publique en novembre 2011, “aujourd’hui, les traitements antirétroviraux sous forme générique que nous avons, coûtent entre 7.500 et 10.000 (francs CFA, ndlr) au maximum par mois et par individu. C’est ça le traitement mensuel. Ce qui veut dire qu’en un an, ça représente par individu dans l’ordre de 100.000-120.000 francs”.

“Il faudrait aujourd’hui pousser la réforme de la mise à disposition de ce médicament de telle manière que ceux qui peuvent se le payer puissent l’acheter et que ceux qui n’ont pas la possibilité l’Etat leur (en) offre”, a plaidé Célestin Tawamba.

Le pays a enregistré une progression encourageante en passant à une séroprévalence de 4,8% pour une population totale de 20 millions d’habitants, contre 5,5% en 2004. A travers l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM, organisme sous tutelle du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation), il produit déjà ses propres tests de dépistage du Vih.

Professeur en sciences du médicament responsable de laboratoire à la faculté de médecine Xavier Bichat à Paris en France, le Camerounais Bruno Eto a mis au point un médicament qu’il présente comme un pas décisif supplémentaire dans le traitement du Vih/Sida. “Nous avons trouvé une molécule qui a pour but de restaurer les défenses de l’organisme détruit par le virus du Sida, donc la restauration immunitaire de l’organisme”, a expliqué celui-ci à Xinhua.

Du nom de fagaricine (F-532 pour la dénomination commerciale), le produit annoncé est décrit comme un complément au traitement par les ARV. “L’application de ce produit est simple. Lorsqu’on est infecté par le virus du Sida, lorsque les défenses de l’organisme sont à 300, 250, c’est là qu’on commence à apprendre le médicament pour tuer le virus”, fait savoir le Pr. Eto.

Il s’agit, affirme le chercheur, d’un biophytomédicament (mélange d’extraits végétaux comme les lignanes et les alcaloïdes), de la même espèce que la biodiabétine qui lutte contre le diabète et d’autres découvertes réalisées par lui à partir des plantes naturelles utilisées dans la pharmacopée africaine. “Ce n’est pas comme les ARV qu’on ne peut jamais arrêter. On peut arrêter un voire deux mois, on reprend sans danger”, guide-t-il encore.

Commercialisée pour la première fois en 2005, la fagaricine est disponible au Burkina Faso, en Guinée-Conakry, aux Comores, au Gabon, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville om elle bénéficie d’autorisations de mise sur le marché. “Maintenant, on cherche une représentation pour avoir une autorisation au Cameroun et au Nigeria”.

“Le coût réel de ce médicament, c’est moins de 10 euros. Mais, comme on le produit à très petites quantités et qu’il y a beaucoup d’intermédiaires, le produit coûte autour de 15 euros pour 100 comprimés. On a mis des petites boîtes en attendant des productions massives. Notre objectif, c’est de mettre en Afrique des usines qui peuvent fabriquer ce médicament parce que la technologie est très simple”, annonce Bruno Eto.

C’est une importante brèche pour les médicaments d’origine végétale que le Dr. Emmanuel Eben-Moussi, autre personnalité éminente camerounaise de la médecine, décrit comme “le gisement d’avenir dans le cadre de la biodiversité pour obtenir même de nouveaux médicaments”, puisque “70% de la population fait appel directement ou indirectement à la pharmacopée traditionnelle”.

“N’oubliez pas jusqu’au 19e siècle tous les médicaments dans le monde étaient d’origine végétale. Mais il faut fouiller pas seulement dans la forêt, il faut chercher dans la mer, les insectes, partout. Le problème, c’est que nos médicaments que nous avons, la plupart n’ont pas encore été homologués en passant par les mailles des systèmes de contrôle et de règlementation officiels”, suggère-t-il.

Xinhua | 24 Avril 2012 | Xinhua 

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