Cameroon Election: Opposition Leaders Meet for a Post Election Strategy

In a last attempt to beat the incumbent president Paul Biya, Six leaders of the Cameroonian opposition (Kah Walla, John Fru Ndi, Adamou Ndam Njoya, Ben Muna, Jean de Dieu Momo, Albert Dzongang) met and put in place a common position and plan of action with respect to the October 9, 2011 electoral process.
According to the parties involved, details will be presented in a press conference on Monday, October 17th at 11:00 a.m at the Cameroon Democratic Union – UDC headquarters in Yaounde.

Visit this site for an update of the meeting.

Admin| Sunday, 16 October 2011 | cameroonwebnews

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Cameroun: Paul Biya, roi fainéant à perpétuité

Au pouvoir depuis 1982, le président du Cameroun briguait hier un sixième mandat lors d’un scrutin sans enjeu dans un pays miné par la corruption et verrouillé par la répression.

Il fait très peu parler de lui. Pourtant, il est dans le pool des présidents qui s’enlisent au pouvoir : Paul Biya, 78 ans, règne sans partage sur le Cameroun depuis 1982. Sans qu’on ne voie de fin : après avoir changé, en 2008, la Constitution pour pouvoir se représenter, il a brigué hier un nouveau mandat de sept ans lors d’un scrutin à un tour. Et nul ne doute vraiment du résultat.

Ce n’est pas en travaillant d’arrache-pied pour son pays que cet homme à la voix éraillée et à la démarche aujourd’hui mal assurée a réussi à rester au pouvoir aussi longtemps. Au contraire. Depuis trente ans, le Cameroun recule, plongé dans une profonde léthargie, en total décalage avec son énorme potentiel économique. «Il n’y a pas eu de croissance ces cinq dernières années si on la rapporte au nombre d’habitants», a déploré le Fonds monétaire international début septembre, invoquant notamment un «sous-investissement dans les infrastructures essentielles» et «une mauvaise gestion des finances publiques». Pendant que ses concitoyens tirent le diable par la queue (40% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour), Biya, surnommé le «roi fainéant», séjourne la majeure partie de son temps dans un hôtel huppé de Genève ou dans son village natal, dans le sud du Cameroun. Il préside, en moyenne, un Conseil des ministres par an. Le dernier s’est tenu en juillet 2009.

Manipulateur. C’est à son talent de manipulateur que Paul Biya doit sa longévité. Suivant la recette «diviser pour mieux régner», il entretient en permanence rivalités et peur au sein de la classe dirigeante, vieillissante comme lui. Sur le même principe, son régime a instrumentalisé les identités ethniques pour casser l’opposition dans les années 90. Il utilise aussi la justice et la force : en février 2008, la police et l’armée ont tiré à balles réelles sur des jeunes qui manifestaient contre son projet de révision constitutionnelle et la vie chère. Bilan : officiellement 40 morts, au moins 139 selon des ONG.

Le Président a aussi usé d’une technique originale : celle consistant à maintenir un équilibre institutionnel précaire qui effraie et paralyse tout le monde. Depuis quinze ans, par exemple, le Sénat, qui est censé jouer un rôle important en cas de vacance du pouvoir au sommet de l’Etat, n’existe que sur le papier. Autre particularité : afin de les éloigner du champ politique et s’assurer leur soutien, Paul Biya laisse, voire encourage, ministres et autres hauts responsables à se servir dans les caisses de l’Etat et à tremper dans divers trafics maffieux. Ceux qui ont trop accumulé et commencent à avoir des vues sur le fauteuil présidentiel sont écartés, invariablement inculpés pour «détournements de fonds publics» et incarcérés. Actuellement, neuf anciens ministres sont en prison. Surtout, la corruption et la triche, au cœur du fonctionnement de l’Etat, ont gagné toutes les sphères de la société. Elles ont permis, avec la répression, de tuer le système éducatif ainsi que l’opposition, désormais en lambeaux, et de pourrir la scène politique, comme le montre la foison de candidats qui se présentaient hier : ils étaient 22 face au président sortant, et aucun n’a la capacité de mobiliser les foules et d’inquiéter l’autocrate.

Cette mainmise totale de Paul Biya n’aurait pas été possible sans la France, qui avait déjà, en 1960, installé au pouvoir son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, à l’issue d’une guerre particulièrement atroce. Les autorités françaises ont en particulier apporté une aide déterminante en 1992, lors d’une élection présidentielle très disputée : elles ont ouvertement soutenu Biya alors qu’au même moment les autres bailleurs de fonds du pays, dont les Etats-Unis, dénonçaient la crédibilité du scrutin. Paris a ensuite donné des financements qui ont permis au régime de reprendre la main face à une opposition largement majoritaire. Auparavant, c’est Elf qui avait avancé de l’argent à Biya pour sa campagne électorale.

Depuis, les liens entre Paris et Yaoundé sont restés étroits : ils passent par les nombreuses entreprises françaises installées au Cameroun, qui contrôlent une bonne partie de son économie, en travaillant main dans la main avec des caciques du régime. Orange, Bolloré, Total, Castel, la Compagnie fruitière et Hachette sont de celles qui font de très bonnes affaires dans le pays, où la corruption permet de transgresser les lois et d’engranger des bénéfices énormes.

Cynisme. Washington ayant également depuis quelques années des intérêts commerciaux importants dans la région, les pays partenaires du Cameroun ont désormais la même ligne de conduite : ne pas fâcher le prince pour conserver son business. La communauté internationale est ainsi restée muette lors de la violente répression de 2008. Mieux, elle donne de l’argent à Yaoundé. L’Union européenne finance, par exemple l’organisme électoral chargé de la mise en œuvre de l’élection présidentielle, bien qu’il soit totalement inféodé au parti de Biya

Les Camerounais restés lucides sont, eux, fatigués. Ils ne prennent plus la peine de voter ou de relever le cynisme de Biya : lors de la campagne électorale de 2004, il avait promis la construction d’infrastructures, parlant d’un «Cameroun des grandes ambitions». Cette fois-ci, et alors que rien ne s’est passé depuis 2004, il annonce sur Twitter (service que son régime a fait interdire en février à cause de timides appels au soulèvement qui circulaient par mail et SMS) : «Croyez-moi, à nos grandes ambitions vont succéder de grandes réalisations.»

FANNY PIGEAUD Correspondante à Libreville | 15 Octobre 2011 | Liberation.fr

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Cardinal Christian Tumi : “Le Cameroun n’est pas un royaume !”

… et “Paul Biya n’est pas un empereur !” C’est en ces termes que s’exprime le cardinal Christian Tumi, qui fête ses 81 ans le samedi 15 octobre. Dans l’interview exclusive accordée à jeuneafrique.com, il donne son point de vue sur le déroulement de l’élection présidentielle du 9 octobre dernier. Et prône l’alternance pacifique au Cameroun grâce à la mise en place d’une nouvelle loi électorale.

Jeuneafrique.com : êtes-vous allé voter, le 9 octobre ?

Bien sûr, mais je ne vous dirai pas pour qui. Ça relève du secret électoral !

Pourquoi avoir refusé d’intégrer Elecam ?

Il faut d’abord préciser que je n’ai jamais été approché, même si j’ai déjà dit dans une interview que je ne voudrais pas l’intégrer. Ceci dit, en ce qui concerne Elecam, le nom n’a pas de sens ! « Elections Cameroon », ça ne veut absolument rien dire. On devrait plutôt parler d’une « commission électorale indépendante ». En plus de ça, on ne sait pas vraiment qui est dedans et qui fait quoi ! Il faut prêter serment et promettre qu’on va fermer sa bouche alors que moi, quand ça ne ça va pas, je critique.

Qu’avez-vous pensé du déroulement de la campagne électorale et de l’élection ?

L’opposition n’a pas les moyens de se faire connaître auprès des Camerounais. C’est une injustice politique grave.

L’opposition n’a pas eu les moyens de financer sa campagne. À mon humble opinion, il y a une injustice quelque part, car tous les fonctionnaires sont mobilisés pour le parti au pouvoir. Préfets et gouverneurs font campagne pour le RDPC alors que l’opposition n’a pas les moyens de se faire connaître auprès des Camerounais. C’est une injustice politique grave.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Jupé, a jugé que le déroulement de la présidentielle était « acceptable » ? Que pensez-vous de ce soutien implicite à Paul Biya ?

Eh bien, cela signifie que la France ne sait pas ce qui se passe au fin fond du Cameroun. L’Église a formé une cinquantaine d’observateurs indépendants et d’après les premiers échos que j’ai eus, les opérations électorales se sont déroulées dans la paix, même s’il y a eu une très forte abstention. Tant que le sang n’est pas versé, tout va bien !

Une personne a quand même été tuée dans un bureau de vote à Bandjoun…

C’est vrai mais c’est un cas isolé, ce n’est pas un soulèvement populaire.

Vous seriez opposé à un soulèvement populaire ?

La violence ne résout rien ! Quand une guerre civile éclate, ce sont souvent les innocents qui meurent avec des enfants sur le dos. Nous préférons continuer comme ça, car ça va changer un jour, cette situation n’est pas permanente.

Pourtant, Paul Biya ne semble pas prêt à quitter le pouvoir…

Il a bien dit que si quelqu’un d’autre que lui gagnait, il se retirerait. Le RPDC est certes très bien implanté partout dans le pays, mais comme j’ai dit à un ancien Premier ministre : « Au sein du parti, vous ne savez pas qui est pour vous ou contre vous ». Dans la fonction publique, les gens vous soutiennent pour garder leur place ! C’est la même chose dans les affaires. Quand on est militant du RDPC, on a l’impression qu’on peut faire ce qu’on veut…

Les gens qui sont au RDPC ne peuvent pas critiquer le président car tout le monde a peur.

Les citoyens camerounais n’ont donc d’autre choix que le RPDC ?

Non, ils ont le choix et d’ailleurs, depuis que Paul Biya est au pouvoir, il y a plus de liberté d’expression que sous la présidence d’Amadou Ahidjo mais c’est vrai que les gens qui sont dans le parti ne peuvent pas critiquer le président car tout le monde a peur. Regardez la primaire socialiste en France, c’est vraiment démocratique !

Comment l’alternance politique et pacifique est-elle alors possible ?

La conférence épiscopale continue de lutter pour avoir une nouvelle loi électorale. On en avait proposé une mais le ministre de l’Administration territoriale nous a dit qu’on se mêlait de ce qui ne nous regardait pas ! On a donc retiré cette proposition… Il y a encore beaucoup trop de partis politiques au Cameroun. On en compte plus de 200, c’est ridicule ! Pourtant, à l’occasion de la présidentielle du 9 octobre, on a vu quatre partis émerger à côté du RPDC. C’est largement suffisant !

Le politicien M. Owona Nguini estime qu’il n’y aura pas d’alternance pacifique au Cameroun…

Pourquoi il a dit ça ? Car en 1992 l’opposition avait gagné mais elle n’a pas gouverné, on a changé les chiffres et c’est à partir de ce moment là que les Camerounais se sont désintéressés de la vie politique. Les gens se sont dit : « Le changement ne peut pas intervenir démocratiquement dans ce pays ! » Je l’ai déjà dit, si un jour il y a des troubles ou des violences, ce sera à cause d’une élection mal organisée.

Justement, il y a eu de nombreuses irrégularités cette année…

S’il y a alternance, ce ne sera pas contre Paul Biya mais simplement parce que ça fait longtemps qu’il est au pouvoir.

Certains défendent Elecam en évoquant sa jeunesse mais il fallait lui laisser un peu de temps pour organiser l’élection. Tout le monde n’avait pas sa carte d’électeur ! La distribution des cartes a été très très mal organisée. Regardez au Nigeria, avec des machines modernes, les élections ont été bien organisées. Pourquoi ne pas faire la même chose au Cameroun ? S’il y a alternance, ce ne sera pas contre Paul Biya mais simplement parce que ça fait longtemps qu’il est au pouvoir.

Avez-vous pu parler avec Paul Biya récemment ?

Ca fait longtemps… C’était en 1996 je crois, lors de la révision de la Constitution de 1972. Depuis, je lui ai écrit pour lui dire ce que je pensais du pays et qu’à un certain âge, il fallait laisser le pouvoir. Lors de la béatification de Jean-Paul II, il m’a juste dit qu’il avait reçu cette lettre.

Alors, qui après Paul Biya ?

Je ne vois pas qui… Ce que souhaite la conférence épiscopale, c’est une bonne loi électorale pour que n’importe quel Camerounais puisse proposer sa philosophie de vie. Kah Walla, qui était au sein du SDF vient d’émerger en très peu de temps, elle a gagné le cœur des Camerounais ! Il existe des leaders dans ce pays mais il faut qu’ils prouvent leur valeur et qu’ils puissent s’exprimer sans avoir peur. Même au sein du RDPC, il y a des personnalités qui ont des compétences politiques mais ils ont peur de perdre leur travail en s’exprimant.

Selon vous, un scénario à la gabonaise est-il envisageable avec Franck Biya ?

Non, non, le Cameroun n’est pas un royaume ! Paul Biya n’est pas empereur ! Et la jeunesse n’aimerait pas ça…

Vous fêtez vos 81 ans le 15 octobre. Vous gardez toujours la même fraîcheur et la même envie de dire les choses ?

Tant que j’ai la santé et que je crois quelque chose, je le dis ! Certains auraient voulu que je me présente à la présidentielle mais la politique, ce n’est pas mon domaine et puis, je fais partie des anciens (rires) !

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Cardinal Christian Tumi : “Le Cameroun n’est pas un royaume !”

Matthieu Cotinat| 14 Octobre 2011| J.A.

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Cameroun : La présidentielle des services secrets français et américains

Face à des manoeuvres de destabilisation post-électorale attribuées aux Etats-Unis, le pouvoir active ses réseaux hexagonaux.

A bord d’un vol d’Air France, Daniel Léandri a atterri avant-hier mercredi à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. En temps normal, la présence de ce citoyen français d’origine corse en terre camerounaise serait un épiphénomène. Mais le contexte dans lequel cet ancien brigadier, qui fut jadis l’homme de confiance et directeur de cabinet de Charles Pasqua (ancien ministre français de l’intérieur, héritier de feu Jacques Foccart, le célèbre patron des services secrets français et «père spirituel» de Nicolas Sarkozy), débarque à Yaoundé, «à l’invitation du cabinet civil de la présidence de la République» est loin d’être un fait anodin. En effet, en dépit du calme qui règne sur l’ensemble du territoire national depuis le 9 octobre dernier, date de l’élection présidentielle, le pouvoir de Yaoundé, notamment les services de renseignements, les forces de sécurité et de défense sont «en état d’alerte», en prévision de troubles qui pourraient survenir après la proclamation des résultats, le 21 octobre prochain.

En témoigne, le grand déploiement de policiers et de gendarmes, à certaines heures de la journée, dans les principales métropoles, Yaoundé et Douala, et dans d’autres agglomérations du pays. Réputé discret et aguerri aux «interventions spéciales», Daniel Léandri, bien connu dans les réseaux de la Françafrique, serait, d’après les sources qui le signalent à Yaoundé, parmi les «penseurs» de la stratégie du pouvoir de Yaoundé, visant à étouffer dans l’?uf toute perspective de crise post-électorale au Cameroun. Une stratégie huilée au fil des jours en ce moment où, ainsi que l’indiquait l’hebdomadaire Repères, dans son édition de mercredi dernier, «des mouvements inhabituels et qui ont paru suspects aux barbouzes camerounaises, des agents de [la] célèbre agence de renseignement [la Cia], bras armé de la politique étrangère des Etats-Unis, ont été enregistrés depuis quelque temps». Allant dans ce sens, nos sources affirment que «les Américains misent sur un soulèvement populaire pour intervenir au Cameroun».

Ce que dément formellement Isabelle Kame Domguia, chargée de communication à l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé : «Nous avons lu ces allégations dans les journaux comme tout le monde. Nous disons simplement que les Etats-Unis et le Cameroun entretiennent depuis des années des relations multidimensionnelles et mutuellement bénéfiques. Cette coopération s’exprime dans plusieurs domaines. Tout ce qui ne s’inscrit pas dans ces domaines ne relève pas de nous. Dans ce sens, l’ambassadeur des Etats-Unis fera une communication mercredi prochain sur les droits de l’homme et la société civile au Cameroun. Il apportera à cette occasion des éclaircissements sur la rencontre de la société civile camerounaise, qui s’est tenue dans les locaux de l’ambassade tout dernièrement.

Il s’étendra également sur certains développements de la presse, question de dissiper toutes les mauvaises interprétations».
Cela dit, selon des sources généralement bien informées, l’arrivée au Cameroun du Daniel Léandri, qui a travaillé à la direction générale de la police française, au service de coopération technique internationale de police, où il s’est occupé des relations avec les polices étrangères, notamment africaines, avant de prendre sa retraite en 1998, intervient après la commande et la livraison expresse d’un nombre important de matériel anti-émeutes passée par les autorités camerounaises auprès de la France. L’Hexagone, qui, du point de vue de la «diplomatie formelle», a réagi par le biais du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes mardi dernier à l’Assemblée nationale française.

Alain Juppé indiquait alors devant les députés que «La France a suivi avec une particulière attention le déroulement des élections au Cameroun dimanche dernier. Il est encore trop tôt pour parler des résultats. Le taux de participation n’est pas encore connu. Ce que je peux vous dire, c’est que, selon l’Organisation internationale de la Francophonie et le Commonwealth, qui ont suivi le déroulement de ces élections, on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables. Nous appelons donc la population, la presse camerounaise et tous les acteurs politiques à faire preuve, jusqu’au 24 octobre, date de proclamation des résultats, et au-delà bien sûr, de modération et à éviter tout recours à la violence pour faire valoir leurs vues». L’appel à la non violence lancé par M. Juppé au Palais Bourbon mardi dernier autorise en tout cas à penser que les lendemains de la présidentielle sont perçus comme incertains et, à cet égard, aucune précaution n’est de trop dans les cercles du pouvoir de Yaoundé.

Georges Alain Boyomo | 14 Octobre 2011 | Mutations |

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HILARANT ! Des Français jugent le président camerounais Paul Biya (Podcast)

Emission: On va se Gêner: Laurent Ruquier, Europe 1.( écouter plus bas)

La dernière fois qu’il a présidé un conseil des ministres, c’était en Juillet 2009. En gros il y va une fois par an? De qui s’agit il?

Réponse? Vous l’aurez deviné mesdames et monsieur. Paul Biya, Président du Cameroun, “Roi fainéant à perpuité,” dixit Laurent Ruquier, d’Europe 1 et Fanny Pigeaud. Est-ce que Monsieur Biya peut démentir cet animateur? Si non, mérite t–il ce sobriquet,“Roi Fainéant à perpétuité?  Il ne fou rien. Il vit soit à Mvoméka, soit à Genève.”

“est-il très connu pour qu’on en parle? “

Font-ils exprès sur le plateau? je ne sais pas. Mais…ça fait rire.

Un roi? un Président? Qui aime entendre dire autant de choses sur son président? Pas les Camerounais. Nous pouvons rire, mais voilà ce que deviennent nos présidents africains quand leurs soit-disant protecteurs de la communauté internationale veulent les lâcher…comme une chaussette sale. Le président du Cameroun, notre président est appelé Roi Fainéant. Certes il s’en fout, mais après 29 ans de pouvoir, que peut-il encore donner au Cameroun? Il ne nous a même pas laissé en héritage une société qui fabrique des clous.

Si Biya et son entourage peuvent démentir en apportant des éléments contradictoires alors nous (les camerounais) devons présenter un carton rouge à Monsieur Ruquier, en lui sommant de ne plus calomnier mr Biya, le “choix du peuple”

J’ai bien peur que les compatriotes de Monsieur le président n’aient pas beaucoup d’arguments pour le défendre. Ecoutez plutôt, et dites-nous ce que vous pensez.

 


Cameroon Web News

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Cameroun Election 2011: Le sort du Cameroun se discute à l’assemblée nationale française!

Un extrait du Compte rendu intégral. Première séance du mardi 11 octobre 2011.

M. le président. La parole est à M. Serge Janquin, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Serge Janquin. Monsieur le ministre des affaires étrangères, l’élection présidentielle au Cameroun interroge sur la politique africaine de la France. Une dictature installée par la France en 1960 dans un bain de sang y dure depuis plus d’un demi-siècle.

Le président Biya est un président fantôme. La moitié du temps à l’étranger, il préside un conseil des ministres par an. Le dernier s’est tenu en juillet 2009. Il n’est présent que pour faire tirer à balles réelles sur la jeunesse qui conteste sa réforme constitutionnelle. Il n’est présent que lorsqu’il s’agit d’installer la corruption au plus haut niveau de l’État, pour recevoir d’Elf le financement de sa campagne ou de bailleurs de fonds, dont la France, les moyens de juguler son opposition.

Il se dit aussi qu’il n’est présent que lorsqu’il s’agit d’envoyer à des partis politiques français des valises bien lestées (« Ah ! » sur les bancs du groupe SRC)…

Un député du groupe UMP. Est-ce que cela inclut le parti socialiste ?

M. Serge Janquin. …alors que la moitié de sa population vit avec moins de 2 dollars par jour.

Monsieur le ministre, le Gouvernement auquel vous appartenez désormais a pris si tardivement conscience de la volonté d’émancipation des peuples arabes qu’il a dû faire un virage sur l’aile – c’est l’expression qui convient – remarqué.

Quand la France se tiendra-t-elle enfin à distance respectable des miasmes irrespirables qui entourent des dirigeants africains corrompus ? J’évoque ici les dynasties Eyadema, Bongo et consorts.

Faudra-t-il attendre un printemps de l’Afrique noire pour que la France reconnaisse enfin la légitimité et la capacité des peuples d’Afrique à exprimer leur volonté, la volonté du peuple souverain ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

M. le président. La parole est à M. le ministre d’État, ministre des affaires étrangères et européennes.

M. Alain Juppé, ministre d’État, ministre des affaires étrangères et européennes. Monsieur le député, la France a suivi avec une particulière attention le déroulement des élections au Cameroun dimanche dernier.

M. Noël Mamère. Ce n’était pas des élections !

M. Alain Juppé, ministre d’État. Il est encore trop tôt pour parler des résultats ; le taux de participation n’est pas encore connu. Ce que je peux vous dire, c’est que, selon l’Organisation internationale de la francophonie et le Commonwealth qui ont suivi le déroulement de ces élections, on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes SRC et GDR.)

M. Jean-Paul Lecoq. Scandaleux !

M. Alain Juppé, ministre d’État. Nous appelons donc la population et la presse camerounaises, ainsi que tous les acteurs politiques du pays, à faire preuve, jusqu’au 24 octobre, date de proclamation des résultats, et au-delà, de modération et d’éviter tout recours à la violence pour faire valoir leurs vues.

Plusieurs députés du groupe GDR. Scandaleux !

M. Alain Juppé, ministre d’État. S’agissant de la politique de la France en Afrique, vous avez d’ores et déjà, monsieur le député, la réponse à votre question. Le Gouvernement français, sous l’impulsion de François Fillon et sous la direction du Président de la République, a tout lieu d’être fier de ce que nous avons fait, par exemple, en Côte d’Ivoire. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes SRC et GDR.)

M. Noël Mamère. Parlez-nous du Gabon et du Togo !

M. Alain Juppé, ministre d’État. Nous avons tenu à ce que le résultat des élections, validé par les institutions internationales, soit respecté. Nous n’avons pas soutenu les yeux fermés le candidat qui avait perdu sous prétexte qu’il était membre de l’Internationale socialiste ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.) Non, nous avons tout fait pour que le président légitimement élu, M. Ouattara, accède au pouvoir, et nous voyons aujourd’hui qu’un processus de véritable démocratisation se déroule en Côte d’Ivoire. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe UMP.)

De même, nous avons soutenu le processus d’élections libres au Niger et en Guinée, où les choses avancent.

M. Noël Mamère. Parlez-nous des biens mal acquis !

M. Alain Juppé, ministre d’État. Notre message à l’Afrique est donc très clair. Nous demandons aux régimes en place de prêter attention aux aspirations populaires, de moderniser les gouvernements, d’engager des processus de réforme, de passer d’un processus démocratique à une vraie culture de la démocratie.

M. Noël Mamère. Les biens mal acquis !

M. Alain Juppé, ministre d’État. La politique de la France est claire et déterminée dans ce domaine ; on ne peut pas en dire autant de ce qui a été fait parfois, dans le passé, sous votre propre impulsion ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

RJCPatriote | 13 octobre 2011

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Contentieux Electoral: Le Rdpc exige l’annulation du scrutin à Bamenda

12 recours ont été enregistrés hier à la Cour suprême.

Hier mercredi 12 octobre était dernier jour officiel du dépôt des recours relatif à l’élection présidentielle. A ce titre, le secrétariat du greffe de la Cour suprême, siégeant comme Conseil constitutionnel, a connu une effervescence particulière. Les candidats ou leurs représentants sont venus faire enregistrer leurs requêtes pour l’annulation du scrutin. Contre toute attente, un collectif d’avocat conduit par maître Achet Nagnigni Martin Luther King déposera à 17h 58 le recours en annulation du scrutin dans la Mezam, signé du Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (Rdpc).

Selon l’un des conseillers du Rdpc, «les militants du Social democratic front (Sdf) ont investi les bureaux en vote en présence du chairman, brûlé les bulletins de vote, le matériel électoral, bourré les urnes de 10 bureaux de ce département de la région du Nord-Ouest [dont le chef lieu est Bamenda]». On apprendra de Me Achet que «la Mezam est le département d’origine du chairman John Fru Ndi». Or, le Sdf qui est incriminé a déposé également un dossier visant l’annulation totale de l’élection présidentielle du 9 octobre dernier, par l’entremise de Me Boniface Mbandam. «J’ai reçu les requêtes en annulation des 10 régions du pays que je viens de déposer aux greffes» confie-t-il.

En dehors de ces deux ténors présumés de l’élection présidentielle de 2011, Me Jean de Dieu Mono, le candidat du Parti des démocrates camerounais (Paddec) réclame une voix qu’on lui aurait volée à Douala 5. «Mon scrutateur a été interdit de voter dans le bureau de vote Douala 5ème» explique-t-il. «Elecam après la réhabilitation de ma candidature n’a pas pris en soin d’intégrer mes représentants dans les commissions locales de vote dans les commissions départementales de supervision», lance Georges Anicet Ekane du Manidem, au moment de déposer son recours. «Ouverture tardive des bureaux de vote, vote sans registre d’émargement, vote frauduleux, corruption des électeurs, vote sans carte, encre non indélébile, insuffisance de bulletin dans les bureaux de vote» sont autant de faits relevés dans les 12 requêtes déposées aux greffes hier. La Cour suprême a enregistré au total les requêtes des candidats Paul Biya (Rdpc), Tabi Owono (Mec), Jean de Dieu Momo (Paddec), Jean jacques Ekindi (MP), Bernard Achuo Muna (Afp), Adamou Ndam Ndjoya (Udc), Albert Dzongang (La Dynamique), John Fru Ndi (Sdf) et d’une association de personnes handicapées dénommée Cahpam.

Pascal Dibamou (Stagiaire)

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Présidentielle 2011: Le chant du coq gaulois dans la basse-cour camerounaise

En l’espace de deux jours, le ministère français des Affaires étrangères a émis des sons de cloche discordants sur le scrutin du 9 octobre.

Le lieu et l’orateur attestent à eux seuls de l’intérêt que la France porte sur l’élection présidentielle du 9 octobre au Cameroun. Mardi dernier, Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères a déclaré devant l’Assemblée nationale hexagonale que «la France considère que le déroulement de l’élection présidentielle dimanche au Cameroun est acceptable». Le patron du Quai d’Orsay indiquera du reste : «Ce que je peux vous dire, c’est que selon l’Organisation internationale de la Francophonie et le Commonwealth, qui ont suivi le déroulement de ces élections, on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables.

Nous appelons donc la population, la presse camerounaise et tous les acteurs politiques à faire preuve jusqu’au 24 octobre, date de proclamation des résultats et au-delà bien sûr, de modération et d’éviter tout recours à la violence pour faire valoir leurs vues». Empreinte de paternalisme et de conciliation (vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé), cette sortie de Alain Juppé au Palais Bourbon tranche passablement avec celle du porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, lundi dernier, qui, elle, était marquée par une certaine réserve et des injonctions à peine voilées. «Selon les premières informations, le vote s’est globalement déroulé dans le calme. Nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur quelques incidents qui auraient eu lieu et que les autorités camerounaises établissent les responsabilités», avait affirmé M. Valero, au cours d’un point de presse.

En fait d’«incidents», le Quai d’Orsay faisait allusion aux deux gendarmes tués à Bakassi et à une dame, Virginie Takoguem, à qui la vie a été ôtée à Bandjoun, dans la région de l’Ouest. Deux évènements malheureux qui n’en finissent pas de révéler leurs mystères, en dépit des communiqués de presse du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, et du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, au lendemain de l’élection présidentielle. Toutes choses qui jettent un faisceau d’interrogations sur les déclarations de Alain Juppé face aux députés mardi. Pourquoi une telle sortie alors que la lumière, demandée (exigée ?) par son porte parole reste pour le moins blafarde sur les «incidents» enregistrés le 9 octobre dernier? Les autorités camerounaises ont-elles déjà établi les responsabilités sur ces tristes faits? Par ailleurs, à quoi renvoie le terme «acceptable» accolé à l’élection présidentielle du 9 octobre dernier?

Fraudes
Joint au téléphone, l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, explique que «la déclaration de Alain Juppé est la position du gouvernement français sur la présidentielle au Cameroun. Elle s’inscrit en droite ligne de la politique française qui prête attention aux aspirations des populations, mais également aux impératifs de moderniser le pays et d’accentuer les reformes. Il y a eu certes de irrégularités qui attendent des modifications, j’en ai d’ailleurs fait part en toute sérénité aux responsables d’Elecam au cours de nos échanges d’hier [mardi, Ndlr], mais on a aussi enregistré des avancées qui méritent d’être saluées». Il n’empêche, les propos du ministre Juppé suscitent déjà une levée de boucliers parmi les candidats à l’élection présidentielle. «Nous savons tous les relations particulières qu’entretiennent M. Juppé, ministre des Affaires étrangères et maire de Bordeaux et M. Biya. Ce monsieur fait partie de ceux qui profitent des richesses du Cameroun.

J’aurais souhaité qu’il tienne le même discours lorsqu’il s’agissait de la Côte d’Ivoire. La France a loupé une occasion de se taire», martèle Albert Dzongang. «Je ne sais pas à quoi renvoie ce commentaire de M. Juppé. Le peuple camerounais est-il moins méritant de la démocratie que le peuple français? Je vois mal [en effet] les Français accepter des élections où il y a eu des fraudes, où l’on a surpris des gens avec plusieurs cartes, où les bureaux de vote ont ouvert largement après le délai légal. Je vois mal le peuple français en train d’accepter une élection où les urnes sont bourrées, où des actes de violence verbale et physique sont commis à l’encontre de citoyens qui n’ont pas voté à 100% pour le chef de l’Etat sortant, où les scrutateurs sont chassés des bureaux de vote, où le dépouillement se fait secrètement…», réagit Kah Walla. Quant à Garga Haman Adji, il se prononcera sur ce sujet et sur bien d’autres, très bientôt, au cours d’une conférence de presse.

Non ingérence et concessions
Interpellé par la presse française au mois de septembre dernier, sur le dépôt de la candidature de Paul Biya (78 ans, 29 ans au pouvoir) à l’élection présidentielle, le porte-parole du ministère français de Affaires étrangères, Bernard Valero, avait indiqué qu’il n’avait «pas commentaire particulier, c’est un problème de politique intérieure». Avant de souligner : «Ce que nous souhaitons, c’est que le processus politique, électoral qui va s’ouvrir se passe de la façon la plus normale et conforme aux règles constitutionnelles, institutionnelles de ce pays». Quelques semaines plus tôt, le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt se faisait sentencieux sur la position de la France relativement à la présidentielle camerounaise : «La France, de la manière la plus solennelle qui soit, affirme et personne ne peut prouver le contraire, qu’elle n’a pas de candidat […].La France souhaite que ces élections se déroulent le mieux possible et dans la transparence la plus totale».

Et de préciser que «la France fait confiance à la démocratie et qu’elle ne s’ingère pas dans la politique intérieure des pays africains». Sur la même lancée, Bruno Gain, l’ambassadeur de France au Cameroun avait déjà indiqué en juin dernier, lors d’un déjeuner débat à Douala, que «la France n’a pas de candidat au Cameroun […] La France respecte la souveraineté des peuples comme celle des Etats. C’est aux Camerounais de se prononcer et de faire leur choix. Combien de fois faudra-t-il répéter que la politique de la France est fondée sur deux principes constants : la non ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain et le soutien à la démocratie et à la liberté. Nous ne dévierons pas de cette ligne…».
Si l’on peut légitimement questionner ces différentes postures des officiels français à l’épreuve de la réalité, on notera tout de même que de Chirac à Sarkozy, des lignes ont bougé dans la démarche de la France par rapport au Cameroun. En effet, au lendemain de la présidentielle de 2004, Jacques Chirac, alors locataire de l’Elysée, avait adressé une lettre de félicitations à Paul Biya, bien avant la proclamation des résultats.

«Au moment où vos concitoyens vous renouvellent leur confiance pour un cinquième mandat à la présidence de la République du Cameroun, je tiens à vous adresser mes cordiales félicitations ainsi que mes voeux chaleureux de réussite dans votre haute mission. Je forme en particulier des voeux pour que sous votre conduite, le Cameroun demeure résolument engagé au service de la paix et de la stabilité sur le continent africain et dans le monde. Je suis certain que le Cameroun continuera à mobiliser ses énergies en faveur du progrès des reformes afin de relever tous les défis d’un développement durable et équilibré, je ne doute pas que vous aurez à coeur de maintenir à cet effet un dialogue soutenu et fructueux avec la communauté internationale», écrivait-il. Sans présager de quoi demain sera fait, on restera attentif sur la posture qu’adoptera Nicolas Sarkozy face à la «victoire programmée» de Paul Biya à la présidentielle. Ce d’autant plus que, d’après certains analystes, l’axe Paris-Yaoundé reste lourd d’équivoques malgré quelques «concessions» récentes entre Etoudi et l’Elysée. Des «concessions» qui transpirent déjà dans les premiers signaux qu’envoie la diplomatie française.

Georges Alain Boyomo

Réponse du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, Alain Juppé, à une question d’actualité à l’Assemblée nationale.
– Paris le 11 octobre 2011 –

(…) La France a suivi avec une particulière attention le déroulement des élections au Cameroun dimanche dernier. Il est encore trop tôt pour parler des résultats. Le taux de participation n’est pas encore connu. Ce que je peux vous dire, c’est que selon l’Organisation internationale de la Francophonie et le Commonwealth, qui ont suivi le déroulement de ces élections, on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables. Nous appelons donc la population, la presse camerounaise et tous les acteurs politiques à faire preuve, jusqu’au 24 octobre, date de proclamation des résultats, et au-delà bien sûr, de modération et à éviter tout recours à la violence pour faire valoir leurs vues.
S’agissant de la politique de la France en Afrique, vous avez d’ores et déjà, Monsieur le député, la réponse à votre question. Je dois vous dire que le gouvernement français, sous l’impulsion de François Fillon, et évidemment, sous la direction du président de la République, a tout lieu d’être fier de ce que nous avons fait, par exemple en Côte d’Ivoire.

Nous avons tenu à ce que le résultat des élections, validé par les institutions internationales, soit respecté. (…) Nous avons tout fait pour que le président légitimement élu,
M. Ouattara, accède au pouvoir et nous voyons aujourd’hui qu’un processus de véritable démocratisation se déroule en Côte d’Ivoire.
De même, nous avons soutenu le processus d’élections libres au Niger et en Guinée, où les choses avancent. Notre message à l’Afrique est donc très clair : nous demandons aux régimes en place de prêter attention aux aspirations populaires, de moderniser les gouvernements, d’engager des processus de reformes, de passer d’un processus démocratique à une vraie culture de la démocratie. Je crois que la politique de la France est claire et déterminée dans ce domaine.

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Présidentielle au Cameroun : Douala, la frondeuse déclassée

Douala, la plus grande ville du Cameroun, épicentre historique de la contestation politique, court après son lustre perdu. Reportage.

Douala, le 18 septembre dernier. À l’entrée de l’aéroport, plusieurs centaines de jeunes sont agglutinés derrière des barrières de sécurité gardées par des policiers visiblement désabusés. En dépit du filtrage, on compte presque autant de personnes à l’intérieur du bâtiment qu’à l’extérieur. Les espaces réservés aux voyageurs fourmillent d’un monde dépenaillé vaguement inquiétant, d’une masse grouillante qui discute, s’égosille, s’apostrophe, va et vient sans but sous la chaleur poisseuse. Ici, tout se vend et s’échange sous le manteau, de la joaillerie aux devises, en passant par des cadenas de bagagerie, des cartes à puce destinées aux téléphones mobiles…

L’économie de la débrouille, qui a proliféré après les « villes mortes » durant la crise politique des années 1990, a eu raison du lustre de cette belle infrastructure, rongée par l’humidité, avec ses murs noircis, ses passerelles branlantes et désaffectées… Des travaux de réhabilitation sont en cours, mais ils aggravent l’inconfort des lieux. Ancienne handballeuse dont la carrière s’est prématurément arrêtée pour cause de grave blessure, Armelle passe une bonne partie de ses journées dans cette cour des miracles. Plus jeune, elle rêvait de jouer dans un championnat professionnel européen. Mais, à 30 ans, elle n’a jamais exercé d’activité salariée et vend des bijoux fabriqués par un associé sénégalais qui la rémunère à la commission. « Je fais partie de la génération sacrifiée », se plaint-elle, fataliste.

Avec plus de 2,5 millions d’habitants, dont la moitié est âgée de moins de 20 ans, la plus grande ville camerounaise – et de toute la sous-région – est en pleine déprime. Douala court après une prospérité qu’elle désespère de retrouver. Son économie ne crée pas assez d’emplois, tandis que sa démographie croît à un rythme soutenu. Ainsi, 22 % des jeunes sont au chômage. Les centaines de diplômés formés par son université d’État, créée en 1993, vivent d’expédients, la majorité enfourchant une moto-taxi pour survivre.

En août dernier, l’unité d’hémodialyse de l’hôpital général de la ville a annoncé qu’elle ne recevrait plus de patients.

Avec son développement anarchique, ses routes sans trottoirs, ses façades lépreuses, ses bars qui vendent du whisky frelaté en sachets, ses prostituées, ses nombreux guichets de paris équestres… Douala souffre, Douala s’enivre, Douala s’oublie. Le dernier cinéma, lui, a fermé en janvier 2009. Et sans soutien, les deux musées pourraient bien subir le même sort. Un hôpital de 750 lits, spécialisé dans la prise en charge de la mère et de l’enfant, est en cours de construction, mais les ­services sociaux sont globalement miséreux. En août dernier, l’unité d’hémodialyse de l’hôpital général de la ville a annoncé qu’elle ne recevrait plus de patients. Sa capacité d’accueil est saturée.

Certes, le gouvernement a accordé au groupe nigérian Dangote l’autorisation de construire dans la zone industrielle une cimenterie de 52 milliards de F CFA (environ 79 millions d’euros) et d’une capacité de production de 1,2 million de tonnes par an. Le projet d’un deuxième pont sur le Wouri, dont les eaux limoneuses séparent le centre-ville de la zone industrielle, est également sur le point de démarrer. Mais les véritables grands projets miniers, infrastructurels et agro-industriels annoncés sont localisés dans d’autres régions du pays. Le port en eau profonde de Kribi (Sud), dont les travaux devraient s’achever en 2013, va fatalement détourner l’essentiel du trafic de marchandises traitées aujourd’hui sur les quais de Douala, asphyxiant davantage le futur ex-poumon économique du pays. Même la compagnie Aluminium du Cameroun (Alucam), contrôlée par Rio Tinto Alcan, basée dans la ville voisine d’Édéa, va bientôt se détourner du port de Douala pour celui de Kribi. Pour l’instant, la trésorerie générale de Douala, qui centralise les recettes publiques de la région, expédie chaque jour un peu plus de 1 milliard de F CFA (1,5 million d’euros) dans les coffres du ministère des Finances, à Yaoundé. Jusqu’à quand??

Opposition

Chômage, sous-emploi, pauvreté, mal-vie sont les ingrédients qui ont déclenché les émeutes de la faim en février 2008, dont la répression a fait quarante morts, selon le décompte du gouvernement. Épicentre historique de la contestation politique au Cameroun, « Douala la frondeuse » pourrait encore mériter sa réputation en cette année électorale. « Une seule étincelle et vous verrez des hordes de moto-taximen en colère mettre à sac les services publics, incendier des entreprises, tout casser… », prévient Alphonse, huissier de justice à Bonanjo, le quartier des ministères. De fait, les coups de feu tirés par un groupe armé, le 29 septembre, sur le pont du Wouri, micro-incident qui a déclenché une véritable psychose dans la capitale économique, témoignent de cette tension palpable à l’approche de la présidentielle.

« Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit », avait lancé Paul Biya au visage de ce fief de l’opposition lors de la campagne présidentielle de 1992. Depuis, le fossé a semblé se creuser entre les deux métropoles rivales. « La fracture entre l’élite politique ou administrative fortunée et le pays réel est frappante », estime Pierre Abanda Kpama, chef d’entreprise à Douala et président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), qui soutient la candidature d’Anicet Ekanè. Pis, l’antienne du « tous pourris » est devenue le moteur de l’abstention?: plus de 70 % des personnes inscrites ne sont pas allées voter lors des législatives et municipales de 2007, faute d’alternative crédible. Incapable de régler ses querelles de leadership, l’opposition s’est présentée une fois encore en rang dispersé à la présidentielle du 9 octobre. Albert Dzongang, représentant de la Dynamique pour la renaissance nationale, s’était dit prêt à se désister pour un concurrent mieux placé. Finalement, il y est allé. Au final, combien de prétendants narcissiques ont accepté de renoncer?? Pas John Fru Ndi, qui n’envisageait de candidature unique de l’opposition qu’autour de sa personne.

Les divisions de l’opposition sont l’une des causes de la démobilisation de l’électorat. Aux législatives de 2007, la ville ne comptait « que » 621?000 personnes inscrites sur les listes électorales. Pour cette présidentielle, Elections Cameroon (Elecam) a enregistré quelque 200?000 nouvelles inscriptions. Pourtant, au moins six des vingt-trois candidats sont de Douala, dont le député Jean-Jacques Ekindi, ­l’UPCéiste marxisant Anicet Ekanè, le dissident Albert Dzongang, la femme d’affaires Édith Kah Walla, mais aussi l’avocat Jean de Dieu Momo, qui se battit en vain pour faire condamner une dizaine de militaires soupçonnés en 2001 d’avoir exécuté sans jugement neuf jeunes du bidonville de Bépanda.

Le candidat rêvé, c’était le cardinal Christian Tumi, dont la popularité et le charisme auraient pu susciter l’engouement des foules.

Le candidat rêvé, c’était le cardinal Christian Tumi, dont la popularité et le charisme auraient pu susciter l’engouement des foules. L’archevêque émérite de 81 ans a résisté à ceux qui, depuis des années, le pressent de ranger sa mitre d’ecclésiastique engagé pour se lancer à la conquête de l’orgueilleux palais d’Etoudi. Il n’a pas cédé aux appels pressants et a même refusé de siéger au conseil d’Elecam, gardant ses distances avec l’ensemble du processus électoral. Mais il pourrait bientôt sortir de son silence.

Paul Biya joue donc sur du velours. Avantage du sortant, il a longtemps tenu secrète la date du scrutin, avant d’accélérer brutalement le tempo, laissant à ses rivaux moins d’une semaine pour confectionner et déposer leurs dossiers de candidature. Néanmoins, « rien n’est gagné d’avance », veut croire Abanda Kpama car « les millions de diplômés de moins de 40 ans qui sont au chômage à travers le pays ne voteront pas Biya ».

Grimace des patrons

De fait, le président sortant sait qu’il ne peut compter sur les voix de la métropole économique. Aussi dans cette élection à un seul tour a-t-il intérêt à faire carton plein dans les régions qui lui sont favorables, à savoir le Centre, le Sud, l’Est, mais aussi les trois provinces du Grand Nord, fief de son allié Bello Bouba Maïgari, de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP). Pour éviter un émiettement des voix, il a demandé et obtenu que Bello, ministre d’État sans discontinuer depuis décembre 1997, renonce à se présenter. « L’épidémie de choléra qui a causé plusieurs centaines de morts en 2010 dans ces trois provinces a cristallisé un profond ressentiment des populations à l’égard du pouvoir », explique Saïdou Maïdadi, vice-président de l’Alliance des forces progressistes (AFP), qui soutient la candidature de Bernard Muna. « Pas question?! Nous devons présenter un candidat face à Biya », a tonné, lors du congrès tenu début septembre, une partie de l’UNDP, troisième parti du pays en nombre de suffrages exprimés tous scrutins confondus. Confronté à la fronde de ses camarades, le leader peul a alors appelé à la rescousse René Emmanuel Sadi et Grégoire Owona, les dirigeants du parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Ils ont pris la parole pour calmer les esprits et assurer que l’accord de gouvernement liant les deux formations politiques serait reconduit après l’élection.

L’idée communément admise est que Biya va rempiler pour un ultime septennat, mais qu’il n’ira pas au bout de son mandat.

Au sein des grandes entreprises, majoritairement basées à Douala, les patrons font aussi la grimace. Pour eux, ces petits arrangements politiciens n’augurent pas d’une nouvelle dynamique, car ils sont la principale cause de l’inertie qui grippe l’activité économique. L’idée communément admise, qui se murmurait même jusque dans les couloirs du congrès du RDPC, les 15 et 16 septembre dernier, est que Biya va rempiler pour un ultime septennat, mais qu’il n’ira pas au bout de son mandat.

Dans la perspective de cette succession attendue, les places sont chères. Coup de tonnerre, Françoise Foning, la puissante maire du 5e arrondissement de Douala, a ainsi été recalée du bureau politique. On a soupçonné René Emmanuel Sadi d’avoir manœuvré pour placer ses fidèles. « Le président Biya nous a demandé de conforter les personnalités déjà en poste et de récompenser et promouvoir celles qui ont travaillé. Notre travail n’a d’autre finalité que la victoire de Paul Biya », assure Dieudonné Oyono, universitaire et conseiller de Sadi.

Cette agitation politicienne n’a pas l’air de concerner Armelle, qui veut coûte que coûte quitter le pays. « Cette année, ils ont promis de recruter 25?000 jeunes dans la fonction publique. Avec 300?000 candidatures enregistrées, quelles sont mes chances?? Il n’y a pas d’avenir ici. »

AFP | 12 Octobre 2011 | AFP |

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Présidentielle au Cameroun : trois partis d’opposition favorables à l’annulation du scrutin

Les nombreuses irrégularités et fraudes présumées relevées sur le terrain pendant l’élection présidentielle camerounaise du 9 octobre poussent au moins trois partis de l’opposition à demander l’annulation du scrutin. Mais pour Elecam et la France, ce dernier s’est déroulé de manière “acceptable”, “sans dysfonctionnement majeur”.

La proclamation des résultats, même partiels, n’est pas intervenue que déjà plusieurs voix s’élèvent dans l’opposition pour réclamer l’annulation de l’élection présidentielle du 9 octobre au Cameroun. En cause : les nombreuses suspicions de fraude et les irrégularités multiples relevées par plusieurs observateurs.

Au moins trois opposants, dont deux comptent déposer des requêtes en justice, se sont exprimé en ce sens. « Nous sommes favorables à l’annulation du scrutin », a ainsi affirmé Joshua Osih, vice-président du Social Democratic Front (SDF), le principal parti d’opposition du candidat John Fru Ndi. Le vote « ne peut pas donner de légitimité au vainqueur, y compris le SDF qui reste en course pour le gagner », a ajouté Osih pour qui l’élection s’est déroulée dans une « cacophonie totale ».

Même son de cloche au Mouvement africain pour la démocratie et la nouvelle indépendance (Manidem) de Anicet Ekanè, qui « compte d’ailleurs déposer une requête dans ce sens demain (mercredi) à la Cour suprême ». Enfin, Albert Dzongang du parti La Dynamique – un des vingt-trois candidats en lice pour la magistrature suprême, estime qu’« il n’y a pas eu d’élection » et promet également de « déposer demain (mercredi) une requête dans laquelle nous exigeons l’annulation » du scrutin.

Madeleine Afité témoigne de fraudes

Les suspicions de fraude ont été renforcées hier par les déclarations de l’égérie de la société civile camerounaise, Madeleine Afité qui a affirmé avoir assisté à des bourrages d’urnes ayant pour but de minimiser le taux d’abstention. « J’ai vu un monsieur portant une carte (badge) Elecam (Election Cameroon, commission électorale) (…) il donnait des lots (de cartes d’électeurs) aux enfants (qui) allaient émarger sans carte d’identité » dans un bureau de vote du quartier Bessangue à Douala.

« Ce n’était pas pour voter RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, au pouvoir) », reprend-elle, mais parce que « les urnes étaient vides. C’était le problème du taux de participation. Il fallait qu’il y ait des bulletins dans les urnes ». De fait, les observateurs et les journalistes présents ont noté une faible affluence, et une campagne électorale ayant suscité très peu de mobilisation des Camerounais. « Les électeurs boudent la présidentielle » soulignait même le quotidien privé Mutations.

Le scrutin “acceptable” pour la France

De son côté Elecam s’est félicité du bon déroulement du scrutin et n’a noté « aucun dysfonctionnement majeur », a déclaré son président Samuel Fonkam Azu’u. Dans son sillage, la France a jugé le déroulement du scrutin « acceptable » par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Quant à l’équipe d’observateurs du Commonwealth à Yaoundé, elle a estimé avec plus de précaution et de neutralité que le scrutin avait été exempt de « coercition » et souligné qu’il y avait un « bon nombre de plaintes » sur l’organisation du scrutin.

En clair, tout indique que le président Paul Biya (78 ans), au pouvoir depuis 1982, sera réélu pour son sixième mandat, cette fois de 7 ans. « Paul Biya en pole position », titrait mardi L’Action, le journal du RDPC, sans apporter aucune preuve : « Quelques heures après la fermeture des bureaux, les premiers échos du terrain ne laissent aucun doute sur la victoire du candidat », affirmait-il.

Pour la plupart des Camerounais, l’issue des résultats ne fait aucun doute. « On est pas trop concernés par le vote. De toute façon, on sait bien que le président va gagner il n’y a rien qui change, donc nous on est tranquilles », dit Clarisse, 29 ans, commerçante au centre de Douala. « Ici rien ne change, il n’est pas question que les gens aillent dans la rue (…) On sait que le président sera réélu et voilà, il y a la paix »,  soulignait Justin Temola, chômeur de Douala.

AFP| 12 Octobre 2011 | AFP|

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