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Miki Arbel et Marc Attali: « Le BIR est le rĂ©sultat d’un contrat avec le secteur privĂ© israĂ©lien »

Posted by Admin on Mar 12th, 2010 and filed under Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

Par lemessager | Vendredi 12 mars 2010 | Le Messager

Le Messager est trĂšs honorĂ© de votre visite. Que nous vaut l’honneur de votre prĂ©sence dans nos locaux ?

S.E. Miki Arbel : C’est une occasion pour vous signifier notre remerciement pour nous avoir invitĂ© Ă  partager avec vous la vision commune que le Cameroun et IsraĂ«l ont en tant que deux pays amis depuis longtemps. Les deux pays partagent beaucoup de choses. Au-delĂ  des relations diplomatiques, il y a des Ă©changes culturels, le partage des savoirs faire, etc. C’est vrai aussi que la situation du Moyen Orient prĂ©occupe tout le monde. C’est tous les jours qu’on voit Ă  la tĂ©lĂ©, mĂȘme dans votre journal, dans la page internationale, des choses qui se disent sur ce sujet. Mais ce n’est pas notre raison d’ĂȘtre ici. Notre dĂ©marche procĂšde de quelque chose de complĂštement diffĂ©rent. Nous voulons profiter de cette visite si c’est possible pour Ă©largir notre panel de travail au Cameroun et c’est ce qui explique la prĂ©sence du directeur Afrique de l’Ouest et du Centre au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres d’IsraĂ«l en ce moment et qui nous accompagne au cours de cette visite.

S.E. Marc Attali : Pour moi, c’est la premiĂšre visite au Cameroun en tant que directeur Afrique du Centre et de l’Ouest au ministĂšre israĂ©lien des Affaires Ă©trangĂšres. Je suis de prĂšs ce qui se passe ici au Cameroun au plan bilatĂ©ral, dans le continent et au plan international. Le but de ma visite, le premier puisqu’il y en a plusieurs, est de voir de prĂšs le travail de notre ambassade au Cameroun. Le deuxiĂšme but de ma prĂ©sence est de rencontrer les autoritĂ©s camerounaises, la communautĂ© des affaires, les leaders acadĂ©miques, les mĂ©dias, les citoyens et hommes d’affaires israĂ©liens rĂ©sidant dans votre pays. Au dĂ©part de JĂ©rusalem, j’avais une idĂ©e globale de l’Afrique et du Cameroun, or le contact humain est indispensable quand on parle des rapports entre deux Etats et deux sociĂ©tĂ©s. Je pense que le facteur humain dans les relations IsraĂ«l – Afrique joue un rĂŽle trĂšs important.

Parlant justement de ces relations avec l’Afrique, Excellences, on n’a pas l’impression qu’IsraĂ«l y investit beaucoup. Les domaines les plus visibles de sa prĂ©sence sur le sol africain concernent le domaine de la sĂ©curitĂ© et du matĂ©riel de transmission. Au Cameroun, il y a notamment la formation des Ă©lĂ©ments de la Garde prĂ©sidentielle et du Bataillon d’intervention rapide (BIR), un corps d’élite de l’armĂ©e camerounaise trĂšs redoutĂ© actuellement. Quels sont les axes prioritaires de la coopĂ©ration entre votre pays et le Cameroun ?

S.E Miki Arbel: La coopĂ©ration entre IsraĂ«l et le Cameroun recouvre plusieurs domaines. Mais il faut savoir que la question relative Ă  la sĂ©curitĂ© se passe entre le secteur privĂ© israĂ©lien et le secteur public camerounais. Personnellement, c’est dans la presse que j’ai lu des articles relatifs Ă  la crĂ©ation du BIR (Bataillon d’intervention rapide). Tout comme les autres Camerounais, je suis impressionnĂ© par les rĂ©sultats. Certes ce sentiment peut apparaĂźtre trĂšs relatif, car le positif cĂŽtoie souvent le nĂ©gatif. Comme cela a Ă©tĂ© dit dans les journaux, je suis impressionnĂ©, et au-delĂ  de moi, IsraĂ«l et les autres pays occidentaux. Comme vous le savez, la sĂ©curitĂ© doit ĂȘtre renforcĂ©e pour prĂ©server l’économie du pays. En tout cas, nous avons focalisĂ© nos activitĂ©s, en ce qui concerne l’ambassade, Ă  la vie culturelle ; Ă  la coopĂ©ration avec les Ă©changes et la transformation des savoir faire dans la vie agricole, notamment avec les mĂ©thodes d’irrigation goutte Ă  goutte qui sont trĂšs connues ; et sur le partage des connaissances dans les domaines de la technique et des sciences avec les pays amis d’Afrique.

A propos de l’agriculture, vous avez rĂ©ussi Ă  faire d’un dĂ©sert une terre cultivable qui produit beaucoup. Qu’est-ce-que cette expertise israĂ©lienne peut apporter Ă  l’agriculture camerounaise qui a vraiment besoin d’un concours fort pour que le Cameroun se hisse au niveau d’IsraĂ«l ?

S.E. Marc Attali : PremiĂšrement, faisons un peu d’histoire. Le systĂšme de coopĂ©ration internationale d’IsraĂ«l avec l’Afrique remonte dans les annĂ©es 50, c’est-Ă -dire, bien avant les indĂ©pendances. IsraĂ«l est un des premiers Etats au monde Ă  venir en aide aux pays africains. A l’époque, le pays avait peu de ressources, peu de moyens. Nous avons Ă©tabli nos premiĂšres relations avec le Ghana. IsraĂ«l (moderne, s’entend bien sĂ»r, puisque le pays est aussi vieux que le monde) avait Ă  peine neuf ans. IsraĂ«l a vu dans le continent africain, un partenaire naturel. Nous sommes deux peuples qui ont souffert dans leur histoire : domination Ă©trangĂšre, colonisation, oppression. C’est la raison pour laquelle IsraĂ«l partage son expĂ©rience avec le continent africain, malgrĂ© le peu de ressources que nous avions Ă  l’époque, mĂȘme si jusqu’aujourd’hui IsraĂ«l n’est pas un grand donateur. Mais nous avons beaucoup investi dans la recherche scientifique : mĂ©decine, infrastructures
 Quand un pays n’a pas de moyens, de ressources naturelles, il faut investir dans le savoir. Mais nous ne sommes pas Ă©goĂŻstes. On est lĂ  aussi pour partager notre savoir avec nos amis africains via les technologies dĂ©veloppĂ©es en IsraĂ«l dans tous les domaines. Contrairement Ă  d’autres pays, on ne parle pas d’aide mais de coopĂ©ration. Nous, on apprend aussi beaucoup de vous et inversement. Quand ces deux facteurs se joignent, on peut aussi crĂ©er des choses nouvelles. C’est ça le sens de la coopĂ©ration entre IsraĂ«l et les Etats africains.

Nous avons des rapports diplomatiques avec trente neuf (39) pays africains au sud du Sahara sur les quarante sept (47), et neuf (09) ambassades sur le continent (en moyenne chaque ambassade couvre cinq pays). Nous avons des ressources limitĂ©es mais il y a une chose que je pense qui est importante : c’est notre valeur ajoutĂ©e en tant qu’IsraĂ©liens. On n’est pas lĂ  pour signer des chĂšques et financer des grands travaux Ă  hauteur des milliards de dollars. Ce qu’on apporte avec nous, c’est l’accumulation de tout ce qui a Ă©tĂ© créé, inventĂ©, dĂ©veloppĂ© en IsraĂ«l depuis l’indĂ©pendance moderne. Le gouvernement israĂ©lien a investi beaucoup d’argent dans la recherche scientifique. Aujourd’hui quand on voit un projet de technologie agricole mĂȘme s’il ne coĂ»te pas cher, il faut savoir que beaucoup d’argent a Ă©tĂ© investi pour arriver Ă  ce rĂ©sultat. Aujourd’hui, ce contexte n’a pas changĂ©. IsraĂ«l voit dans le Cameroun et dans les amis du continent africain, un intĂ©rĂȘt commun, rĂ©ciproque. Pour renforcer cette coopĂ©ration, pour renforcer certains projets, pour appuyer la communautĂ© des affaires. Il y a une forte croissance en Afrique. On voit les investisseurs Ă©trangers. IsraĂ«l n’est pas une exception. Aussi on a un rĂŽle Ă  jouer dans cette coopĂ©ration pour le dĂ©veloppement du Cameroun. Dans l’économie globale, c’est possible.

S.E. Miki Arbel (en anglais, traduction libre de la rĂ©daction) : Je voudrais vous donner une illustration de ce qu’il vient de vous dire : nous avons sĂ©journĂ© dans le dĂ©sert sans eau, dans des conditions climatiques extrĂȘmes. Nous avons survĂ©cu Ă  ces conditions difficiles. La moitiĂ© de notre territoire est dĂ©sertique. Cette expĂ©rience nous a permis de dĂ©velopper un systĂšme d’irrigation sophistiquĂ©, appelĂ©e « Goutte Ă  goutte ». C’est un systĂšme qui permet Ă  la plante de puiser Ă  travers ses racines juste la quantitĂ© d’eau nĂ©cessaire Ă  son dĂ©veloppement. Au Cameroun, j’ai Ă©tĂ© sidĂ©rĂ© de voir les gens, partout oĂč je me suis rendu, utiliser des quantitĂ©s stupĂ©fiantes d’eau pour irriguer leurs cultures, croyant sans doute que la productivitĂ© dĂ©pend de la quantitĂ© d’eau utilisĂ©e ! Ce qui n’est pas vrai. Dans certains cas, c’est mĂȘme le contraire. Des fois, juste 10% de cette eau s’avĂšre utile. Le systĂšme du goutte Ă  goutte sied parfaitement Ă  une zone comme celle du septentrion camerounais qui est proche de l’environnement israĂ©lien. C’est la preuve qu’on peut produire plus en utilisant peu d’eau.

S.E. Marc Attali (en anglais, traduction libre de la rĂ©daction) : Il y a divers projets de dĂ©veloppement dans les domaines de l’agriculture, comme M. l’Ambassadeur vient de le dire. Pour l’annĂ©e qui vient de dĂ©buter, on a des projets dans le cadre de l’élevage du bĂ©tail (production du lait) et de la volaille de mĂȘme que dans la mĂ©decine, prĂ©cisĂ©ment l’ophtalmologie. Il y a en cours un accord des «mĂ©dia training» (dans ce cadre plusieurs journalistes camerounais se sont formĂ©s en IsraĂ«l), etc. Nous sommes aussi en train de travailler sur un accord avec des laboratoires dans le domaine des pesticides. En cinquante ans de coopĂ©ration avec l’Afrique, 260.000 stagiaires de tout le monde entier ont suivi des cours de formation ou de perfectionnement en IsraĂ«l.

Sur le secteur de la diplomatie, on constate comme une certaine ruĂ©e d’IsraĂ«l dans le business. Un exemple, en CĂŽte d’Ivoire on voit des hommes d’affaires israĂ©lites reprendre des pans entiers de l’économie nationale au dĂ©triment des hommes d’affaires europĂ©ens, par exemple des Français qui ont de la peine Ă  garder leur prĂ© carrĂ© face aux convoitises de vos compatriotes. Est-ce une nouvelle politique de votre Etat en direction de l’Afrique subsaharienne ?

S.E. Marc Attali : Il n’est pas question de remplacer qui que soit. Quand on parle de business et qu’il y a des hommes d’affaires qui profitent de toute opportunitĂ© pour faire des affaires, ce n’est que trĂšs normal. Sur le plan politique, nous encourageons les IsraĂ©liens Ă  investir en Afrique. Je peux mentionner comme exemple le fait qu’en septembre dernier, quand le ministre des Affaires Ă©trangĂšres effectuait des visites dans le continent africain, il Ă©tait accompagnĂ© d’une forte dĂ©lĂ©gation d’hommes d’affaires. Dans chaque pays qu’il a visitĂ©, il y a eu des accords de coopĂ©ration signĂ©s de mĂȘme que des sĂ©minaires Ă©conomiques qui ont Ă©tĂ© organisĂ©s sur place pour faire dĂ©couvrir les opportunitĂ©s des affaires dans chaque pays. Nous avons visitĂ© l’Ethiopie, le Kenya, le Nigeria, le Ghana et l’Ouganda. D’autres visites sont prĂ©vues. Je ne crois pas trahir un secret en disant que nous travaillons actuellement Ă  faire venir le ministre de l’Agriculture en visite en Afrique et surtout au Cameroun. LĂ  aussi, il sera accompagnĂ© des opĂ©rateurs Ă©conomiques et des experts du monde des affaires spĂ©cialisĂ©s en agriculture. Cela fait partie de notre politique de relancer, d’encourager et de soutenir le secteur privĂ© Ă  travers le soutien gouvernemental israĂ©lien en collaboration avec les diffĂ©rents Etats, pour trouver et explorer des opportunitĂ©s de faire des affaires.

Excellence, on ne saurait achever cet entretien sans Ă©voquer le problĂšme israĂ©lo-palestinien. A la veille de la visite du vice-prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden au moyen Orient dans le cadre des nĂ©gociations indirectes, le ministre de l’IntĂ©rieur israĂ©lien, prenant tout le monde de court y compris le Premier ministre Benyamin Netanyahou, a annoncĂ© la poursuite de la colonisation Ă  JĂ©rusalem et en Cisjordanie. Cette annonce n’est-elle pas de nature Ă  compromettre ces nĂ©gociations et en dĂ©finitive le processus de paix ?

S.E. Marc Attali : pas du tout. On a tendance Ă  voir les problĂšmes des villages israĂ©liens en Cisjordanie, dans la rĂ©gion de JĂ©rusalem comme le centre du problĂšme du conflit israĂ©lo-palestinien. Ce n’est pas le cas. DĂ©jĂ , le terme « colonisation » revĂȘt une forte coloration pĂ©jorative. Ce qui est colonisation pour vous est pour nous simplement le dĂ©sir de construire des quartiers pour la population d’IsraĂ«l. A propos de la dĂ©cision du ministre de l’IntĂ©rieur, ce n’est pas un secret de dire qu’il y a des divergences entre IsraĂ«l et les Etats-Unis sur certaines questions liĂ©es au processus de paix. Car dans les rapports qui existent entre nos deux Etats, il y a aussi des choses sur lesquelles on n’est pas souvent d’accord.

En ce qui concerne les Palestiniens, chaque prĂ©texte est bon pour bloquer les nĂ©gociations. Vous me donnez l’opportunitĂ© de faire certains Ă©clairages. PremiĂšrement la dĂ©cision que vous Ă©voquez Ă©mane de la municipalitĂ©. DeuxiĂšmement, dans les mĂ©dias, on parle de JĂ©rusalem Est, ce qui n’est pas vrai. Selon les informations relayĂ©es dans la presse, on croirait qu’IsraĂ«l est entrain de construire sur l’esplanade des mosquĂ©es. IsraĂ«l veut renouer le dialogue, cela est un fait. Le problĂšme c’est qu’en face, on n’a pas d’interlocuteurs vraiment sincĂšres pour aller au bout des nĂ©gociations. Je pense que la visite de monsieur Biden (le vice-prĂ©sident amĂ©ricain, ndlr) est importante pour relancer le processus de paix. IsraĂ«l a sa position sur cette question. IsraĂ«l est prĂȘt de renouer et de relancer le processus de paix pour arriver Ă  une paix avec son voisin. Et c’est la chose la plus importante et la visite du prĂ©sident Joe Biden participe d’une volontĂ© commune.Au lieu de cela, certains parlent de provocation. Sachez qu’il n’en est rien et qu’il ne s’agit pas d’embarrasser notre hĂŽte comme le relĂšvent d’aucuns.

Excellence, on va profiter de votre prĂ©sence au Cameroun pour en savoir un peu plus sur l’état de santĂ© d’Ariel Sharon. Son Ă©tat s’est-il amĂ©liorĂ© ?

S.E. La situation n’a pas Ă©voluĂ©. Sa santĂ© n’a pas connu de changement et il est toujours dans le coma.

Un autre sujet alimente actuellement la chronique internationale : la question du nucléaire iranien
 (il interrompt la question)

S.E. Marc Attali : C’est une trĂšs bonne question. Aujourd’hui, le plus grand problĂšme qui se pose est celui d’un Iran nuclĂ©aire. C’est un problĂšme international. Un Iran nuclĂ©aire est une grande menace pour la stabilitĂ© non seulement du Moyen-Orient, mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale du Monde. VoilĂ  pourquoi nous pensons qu’il faut arrĂȘter le programme nuclĂ©aire iranien. Il y a eu des dĂ©bats au sein du conseil de sĂ©curitĂ© de l’organisation des nations Unis (ONU) sur cette question. Il y a eu un large consensus des parties concernĂ©es aussi bien au sein du monde arabe qu’ailleurs. Le problĂšme iranien reprĂ©sente une menace internationale. De nouvelles sanctions sont Ă  prĂ©voir contre l’Iran.

Est-ce Ă  dire qu’IsraĂ«l est prĂȘt Ă  accepter la dĂ©cision de la communautĂ© internationale qui, sous l’égide des Nations unies, penche plutĂŽt pour des sanctions Ă©conomiques au dĂ©triment de l’option militaire que votre gouvernement prĂ©conise


S.E. Marc Attali (sur un ton tranchĂ©) : IsraĂ«l fait partie de la communautĂ© internationale. En tant que membre Ă  part entiĂšre de la communautĂ© internationale, on a la mĂȘme comprĂ©hension de ce problĂšme.

Un autre fait qui met IsraĂ«l au-devant de l’actualitĂ© internationale est liĂ© Ă  l’assassinat Ă  DubaĂŻ d’un chef militaire du Hamas, dit-on par les services secrets israĂ©liens, le Mossad qui a usurpĂ© l’identitĂ© d’honnĂȘtes citoyens europĂ©ens pour perpĂ©trer le coup


Marc Attali (il coupe la question) : On a regardĂ© comme vous cette information Ă  la tĂ©lĂ©. Mais vraiment, peut-on aujourd’hui affirmer avec exactitude que ce sont des IsraĂ©liens qui ont fait ça ? Comment cela peut-il ĂȘtre vĂ©rifiĂ© ? Toute cette affaire procĂšde, Ă  mon humble avis, des constructions mĂ©diatiques.

Qu’est-ce qui justifie Ă  votre avis la haine du Juif, l’antisĂ©mitisme dans le Monde ?

S.E. Marc Attali (un tantinet agacĂ©) : C’est Ă  dĂ©plorer, mais il faut plutĂŽt poser la question aux antisĂ©mites pour connaĂźtre leurs raisons. Quant Ă  moi, je voudrais simplement vous retourner la question : pourquoi y a-t-il du racisme dans le monde ? C’est un phĂ©nomĂšne qui doit ĂȘtre condamnĂ©. Il faut se battre contre le racisme comme il faut se battre contre l’antisĂ©mitisme.

Une question sportive pour dĂ©tendre l’atmosphĂšre. IsraĂ«l fait partie de l’UEFA (l’Union europĂ©enne de football association), mais comment peut-on expliquer que les salaires faramineux qu’on a retrouvĂ©s en Europe ne sont pas appliquĂ©s dans votre championnat qu’il faut le reconnaĂźt n’est pas aussi huppĂ© que les autres ?

S.E. Marc Attali : On s’entraĂźne lĂ -dessus. On fait de notre mieux pour arriver au niveau europĂ©en. Souvent, on a des succĂšs, souvent, on n’en a pas. Dans le sport, il y a toujours un gagnant et un perdant. Nous avons quand mĂȘme de trĂšs bons joueurs qui Ă©voluent au sein des ligues europĂ©ennes et de bons joueurs africains qui jouent en IsraĂ«l. Nous avons exportĂ© notre entraĂźneur sĂ©lectionneur Avram Grant en Grande-Bretagne. Dans le domaine du sport et surtout du football, nous avons beaucoup Ă  apprendre de vous (rires). Si vous avez quelque secret professionnel, il faut nous le dĂ©voiler.

Cet entretien s’achĂšve, vous avez peut-ĂȘtre un dernier mot


S.E. Miki Arbel : j’ai la joie de lire chaque matin votre journal qui est trĂšs sĂ©rieux. Vos informations couvrent tous les sujets qui secouent le pays. Vous critiquez le gouvernement avec crĂ©dibilitĂ©.

S.E. Marc Attali : c’est le moment de remercier tous les interlocuteurs que j’ai rencontrĂ©s depuis que je suis au Cameroun. J’ai dĂ©couvert un peuple accueillant avec une ouverture d’esprit. Je parle Ă  tous les niveaux : les membres du gouvernement, les mĂ©dias, la communautĂ© des affaires, etc. Je me fĂ©licite des bonnes relations diplomatiques qui existent entre nos deux Etats et nos peuples.

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