Justin Blaise Akono | 04/3/2010| Mutations |
Le Commissaire NgollĂš et sept policiers se sont introduits par effraction, lundi dernier, au domicile de l’ex-Minefi, en l’absence de la maĂźtresse des lieux.
En l’absence de Mme Abah Abah, sept policiers ayant Ă leur tĂȘte le commissaire NgollĂš, “se sont introduits par effraction”, ce lundi 1er mars 2010, au domicile de l’ex-Minefi sis au quartier Odza Ă YaoundĂ©. La perquisition devait ĂȘtre menĂ©e dans le cadre d’une commission rogatoire créée par le juge David Donhou, en charge de l’instruction dans l’affaire ministĂšre public contre Lydienne Yen Eyoum, Henri Engoulou, Abah Abah Polycarpe et autres.
“Une fois constatĂ©e l’absence de la maĂźtresse des lieux”, explique Me Nouga, membre du collectif pour la dĂ©fense de l’ex-Minefi, les enquĂȘteurs de la police judiciaire auraient, “au lieu de rebrousser chemin, entrepris de menacer les personnes chargĂ©es d’assurer la garde des lieux et qui entendaient s’interposer”.
Les policiers auraient par la suite, rapporte l’avocat, forcĂ© l’entrĂ©e sous la menace de leurs armes. Une fois dans l’enceinte de la concession, ils se sont installĂ©s dans un boukarou et exigĂ© du personnel de maison la prĂ©sentation de leurs piĂšces d’identitĂ© et les informations contenues relevĂ©es. Dans l’impossibilitĂ© d’accĂ©der Ă l’intĂ©rieur de la maison, la police entreprendra de faire le tour de la concession et aurait, rapporte le mĂȘme avocat, contraint un membre de la famille Ă dĂ©voiler le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone de Mme Abah. Cette derniĂšre, qui ne se trouvait pas en ville, aurait immĂ©diatement Ă©tĂ© jointe au tĂ©lĂ©phone.
InterrogĂ© sur le sens Ă donner Ă cette autre perquisition, l’avocat de l’ex-Minefi croit savoir que la dĂ©marche vise Ă “recenser l’ensemble des biens meubles et immeubles appartenant Ă Polycarpe Abah Abah.” D’autant que, tient-il Ă rappeler, la perquisition de lundi dernier se situe dans la mouvance de celle effectuĂ©e, dĂ©but fĂ©vrier 2010, au sein des “tours jumelles” de Douala et dont on a tĂŽt fait d’attribuer, sans preuve, la propriĂ©tĂ© Ă l’ex-ministre. Et c’est avec stupĂ©faction que la vĂ©ritable propriĂ©taire des immeubles en question verra dĂ©barquer la meute des policiers venus perquisitionner.
Commentant la perquisition de ce lundi 1er mars 2010 au domicile de Abah Abah, Me Nko’o, un autre avocat, membre du collectif, parle d’un “braquage qui ne dit pas son nom.
Aucun mandat de perquisition, poursuit-il, n’a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par les enquĂȘteurs de la Pj. Pas plus que nous n’avons Ă©tĂ© informĂ©s de l’objet mĂȘme de ladite commission rogatoire. Nous comptons porter plainte contre ce que nous considĂ©rons comme un abus de fonction, assorti d’une violation de domicile et de menaces simples”. RenvoyĂ© devant le Tgi du Mfoundi le 02 fĂ©vrier 2010 dernier pour rĂ©pondre du dĂ©tournement de 4,9 milliards Fcfa dans l’affaire MinistĂšre public et CrĂ©dit foncier du Cameroun contre Polycarpe Abah Abah et autres, l’ex-Minefi est Ă©crouĂ© Ă la prison centrale de Kondengui voici bientĂŽt 24 mois. Une autre inculpation lui a Ă©tĂ© notifiĂ©e le 21 janvier 2010 par le juge d’instruction David Donhou, dans le cadre d’une nouvelle affaire, objet de la perquisition de lundi dernier.
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