Blaise Djouokep (Stagiaire) 9/30/09 MUTATIONS
Suite Ă lâagression de leur collĂšgue, ils ont imposĂ©, lundi dernier, un couvre-feu Ă Nylon.
La nouvelle sâest rĂ©pandue comme une traĂźnĂ©e de poudre lundi dernier. Une nouvelle que tout le monde dans le voisinage du camp du 21Ăšme bataillon blindĂ© de reconnaissance (Bbr) redoutait. Dans la nuit de samedi Ă dimanche dernier, les militaires de ce camp ont violentĂ© et intimidĂ© les habitants de Nylon. Battant et brutalisant tout le monde sur leur passage. «Ils ont commencĂ© au marchĂ© Dakar jusquâĂ Nylon. Ils brutalisaient tous ceux quâils rencontraient sur leur passage. Avec ou sans piĂšce dâidentitĂ©, vous Ă©tiez copieusement battus», raconte une victime, le visage amochĂ©. «Ils Ă©taient plus dâune dizaine et ils nous ont promis de revenir si jamais leur collĂšgue venait Ă mourir», ajoute une autre victime. Ambiance identique dimanche dernier, bien que la descente des militaires ait Ă©tĂ© moins «fructueuse». Tout le monde Ă©tait dĂ©jĂ aux aguets pendant le week-end dernier.
Cette vague de violence intervient suite Ă lâagression dâun militaire, dont Mutations nâa pas pu avoir lâidentitĂ©, dans la nuit de vendredi dernier, aux environs de 23h, alors quâil regagnait son domicile. Le malheureux militaire, selon plusieurs sources concordantes, est dans un Ă©tat critique dans un centre hospitalier de Douala.
Rumeur
Dâailleurs, Ă en croire les tĂ©moignages des riverains, il aurait rĂ©sistĂ© aux agresseurs qui voulaient sâemparer de ses biens au lieu dit «Pamplemousse», non loin de lâhĂŽpital de district de Nylon. Suite Ă lâaltercation qui a suivi, «lâhomme en tenue a reçu un coup de poignard au niveau du ventre», a-t-on appris. Lâaffaire va connaĂźtre un rebondissement dans la mi-journĂ©e de lundi dernier. Une folle rumeur annonçait la mort du militaire griĂšvement blessĂ©. Mais au Bbr oĂč le militaire Ă©tait en fonction, le reporter de Mutations nâa pas pu infirmer ou confirmer lâinformation. Cependant, cette incertitude nâa fait quâaccroĂźtre la psychose au quartier Nylon oĂč tous les habitants redoutent le retour des militaires.
Ainsi, dĂšs la tombĂ©e de la nuit de lundi Ă mardi dernier par exemple, toutes les boutiques ont Ă©tĂ© fermĂ©es. Idem pour les autres commerces qui ouvraient tous les soirs Ă lâinstar des braiseuses de poisson, des cafĂ©tĂ©rias, des «tournes dos», les bars et ventes Ă emporter. Tout Ă©tait fermĂ©. Le quartier Ă©tait calme. Sous les chaumiĂšres, un sujet alimente les conversations : le «couvre-feu». Heureusement, il nâen a rien Ă©tĂ©.
On se souvient quâune situation identique sâĂ©tait dĂ©roulĂ©e au quartier Nkongmondo le 10 aoĂ»t dernier dans des conditions identiques. En riposte au dĂ©cĂšs dâun de leur collĂšgue au quartier New- Bell, les militaires avaient semĂ© la terreur jusquâau quartier Nkongmondo. Cassant tout sur leur passage. Malheureusement pour ces militaires, ils avaient fait face Ă la riposte musclĂ©e des habitants de ce quartier.
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C’est la loi de la jungle dans un pays qui n’est pas dirige que par un Ă©ternel jouisseur et vacancier.