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Dr. Njajou, de l’U. de Ngoa-EkellĂ© Ă  collaborateur de Dr. E. Blackburn Prix Nobel de MĂ©decine 2009

Posted by Admin on Dec 20th, 2009 and filed under Diaspora, Featured, Santé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

cameroonwebnews.com| 21 Décembre 2009| cameroonwebnews.com

Dr Omer T. Njajou de l'Université de Californie San Francisco

A la veille de la remise des prix Nobel Ă  Oslo, cameroonwebnews a eu l’opportunitĂ© de rencontrer Dr. Omer Njajou, collaborateur du Dr. Elizabeth Blackburn Prix Nobel de MĂ©decine 2009,  dans sa rĂ©sidence non loin de San Francisco afin qu’il nous donne ses impressions sur la consĂ©cration de sa collaboratrice, sur la recherche scientifique en Afrique, et au Cameroun, et sur ses projets futurs.

CWN- Dr Omer Njajou, merci d’accorder cette interview Ă  Cameroonwebnews. Dr. Njajou qui ĂȘtes-vous? Parlez-nous un peu de votre parcours. Depuis combien de temps ĂȘtes-vous Ă  UCSF (UniversitĂ© de Californie San Francisco) ?

Dr.Njajou- Merci Ă  Cameroonwebnews de me donner cette opportunitĂ© d’échanger avec les internautes et particuliĂšrement Ă  tous les lecteurs de cameroonwebnews. Je suis nĂ© et j’ai grandis au Cameroun. AprĂšs l’UniversitĂ© de YaoundĂ© oĂč j’ai obtenu ma licence en Biochimie en 1992, j’ai notamment poursuivi des Ă©tudes Ă  l’UniversitĂ© de Jos au Nigeria pour un Master en Parasitologie MĂ©dicale et aussi en Analyses MĂ©dicales entre 1993 et 1996. AprĂšs, J’ai obtenu une bourse en 1997 pour la Hollande oĂč j’ai Ă©tudiĂ© et obtenu mon Doctorat en Ă©pidĂ©miologie et en gĂ©nĂ©tique Ă  l’UniversitĂ© d’Erasmus de Rotterdam.
Ensuite, j‘y suis restĂ© comme chercheur et enseignant de gĂ©nĂ©tique et d’épidĂ©miologie pendant 5 ans. Puis, J’ai quittĂ© l’Europe pour les Etats-Unis oĂč j’ai travaillĂ© pour le dĂ©partement de santĂ© de l’état de New York et finalement j’ai atterri Ă  San Francisco en 2005  oĂč je travaille depuis Ă  l’UniversitĂ© de Californie Ă  San Francisco (UCSF).
Sur le plan personnel, je suis mariĂ© Ă  une charmante Camerounaise, qui m’a comblĂ© avec trois charmants petits enfants donc deux filles et un garçon.

CWN-Il faut dire Ă  nos lecteurs que vous n’ĂȘtes pas Ă  l’UniversitĂ© de Californie San Francisco (UCSF), l’une des plus cĂ©lĂšbres universitĂ©s de mĂ©dicine dans le monde, par un simple hasard. En faisant mes recherches pour prĂ©parer cette interview, j’ai lu que vous avez une publication dans le trĂšs cĂ©lĂšbre journal scientifique Nature qui date de 2001. De quoi Ă©tait-il question ?

Dr. Njajou- Effectivement, j’ai publiĂ© dans le journal Nature en Juillet 2001 quand je travaillais Ă  l’UniversitĂ© Erasmus de Rotterdam. Ceci portait sur le gĂšne de l’hĂ©mochromatose que je venais de dĂ©couvrir en laboratoire. Ce fut un travail de haut niveau et de trĂšs haute valeur scientifique avec le Professeur Cornelia Van Duijn et ceci fut trĂšs apprĂ©ciĂ© par la communautĂ© scientifique internationale. Donc c’était Ă  propos du gĂšne de l’hĂ©mochromatose de type 4 que j’ai dĂ©couvert et clonĂ© et cette maladie est actuellement au stade de traitement aprĂšs cette dĂ©couverte.

CWN- Pour les novices de la science qu’est ce que l’hĂ©mochromatose? Et quelle est l’application directe de votre dĂ©couverte sur le grand public ?

Dr. Njajou- L’hĂ©mochromatose est une maladie liĂ©e Ă  la surcharge de fer dans le corps. La mutation dans le gĂšne que j’ai clonĂ© est responsable de cette surcharge de fer dans plusieurs organes tel que le foie et ceci entraĂźne plusieurs dĂ©faillances des organes humains. Pour ce qui est de son application, grĂące Ă  la dĂ©couverte de ce gĂšne, nous pouvons aujourd’hui poser des diagnostics prĂ©cis et aussi appliquer les techniques pharmaceutiques et de pharmacogĂ©nĂ©tiques, pour trouver des mĂ©dicaments  appropriĂ©s Ă  cette maladie.

CWN-Pour en venir Ă  l’évĂ©nement de la semaine derniĂšre Ă  Stockholm. Vous travaillez et vous avez publiĂ© avec le Dr. Elizabeth Blackburn de l’UCSF, qui vient de recevoir son Prix Nobel de la MĂ©decine, quel est l’objet de vos travaux avec elle ?

Dr. Njajou- En ce qui concerne les travaux de recherche avec le Dr. Blackburn Ă  l’UniversitĂ© de San Francisco, il s’agit des recherches sur les tĂ©lomĂšres et de la tĂ©lomĂ©rase, ce sont des recherches  trĂšs importantes pour les cancers par exemple, parce que dans les cellules cancĂ©reuses on retrouve la tĂ©lomĂ©rase et son activitĂ© est diffĂ©rente  des cellules normales. Notre travail ensemble a portĂ© sur des domaines tels que la longĂ©vitĂ© et de la gĂ©riatrie, pour voir quelle est l’influence de ces parties de chromosomes sur la longĂ©vitĂ© et les maladies telles que le cancer, les maladies liĂ©es au vieillissement, le diabĂšte, l’obĂ©sitĂ© et les maladies cardio-vasculaires. Nous essayons de voir quelles sont les applications de la tĂ©lomĂ©rase et du raccourcissement des tĂ©lomĂšres, donc de trouver des marqueurs qui nous permettrons de dĂ©celer trĂšs tĂŽt ces maladies chez l’homme.

CWN- Qu’entendez-vous par marqueurs ?

Dr. Njajou- Les marqueurs ce sont des Ă©lĂ©ments que nous pouvons soit mesurer ou tester en laboratoires et qui nous permettent de pouvoir arriver Ă  une conclusion sur la prĂ©sence d’une maladie.

CWN- Comment se sent t’on quand on travaille tous les jours avec le prix Nobel de MĂ©decine qui par ailleurs fait partie des 100 personnalitĂ©s les plus influentes du monde ?

Dr. Njajou- C’est un sentiment de fiertĂ© et de joie pour moi et cela devrait l’ĂȘtre pour tout le Cameroun et l’Afrique de pouvoir accĂ©der au summum de la connaissance en direct et de bĂ©nĂ©ficier des retombĂ©es que je pourrais faire profiter aux autres directement ou indirectement. Mais il faut aussi dire que c’est un sentiment de responsabilitĂ© et d’appel Ă  l’action vis Ă  vis de soi-mĂȘme et des autres.

Elizabeth H. Blackburn receiving her Nobel Prize from His Majesty King Carl XVI Gustaf of Sweden at the Stockholm Concert Hall, 10 December 2009. Copyright © The Nobel Foundation 2009 Photo: Frida Westholm

Le Dr. Blackburn est trĂšs engagĂ©e dans le domaine de la science et trĂšs professionnelle. C’est une opportunitĂ© de pouvoir collaborer avec une chercheur de cette renommĂ©e, les travaux que nous avons faits et publiĂ©s ensemble sont aussi une rĂ©fĂ©rence dans ce domaine et ce fut une joie immense de voir cet aboutissement.

CWN-Depuis combien de temps collaborez-vous avec le Dr.  Blackburn ?

Dr. Njajou- Cela fait Ă  peu prĂšs quatre ans que le Dr. Blackburn et moi collaborons et travaillons ensemble dans le domaine du tĂ©lomĂšre et de la tĂ©lomĂ©rase, nous avons plusieurs travaux ensemble ainsi que des publications et nous continuons d’avoir d’autres qui sont soient en prĂ©paration soient sous presse.

CWN- Dr. Blackburn et vous avez travaillĂ© sur les chromosomes, plus prĂ©cisĂ©ment sur les tĂ©lomĂšres et leurs enzymes qui forment les tĂ©lomĂ©rases. De quoi s’agit-il exactement ?

Dr. Njajou- Pour l’expliquer le plus simplement, les tĂ©lomĂšres sont des bouts de chromosomes.
Si vous permettez l’analogie, si vous regardez les bouts de vos lacets de chaussures, il y a toujours un protecteur en plastique qui protĂšge le lacet. Les tĂ©lomĂšres sont effectivement ces bouts dans les gĂšnes et la tĂ©lomĂ©rase est comme ce plastique qui essaye de protĂ©ger le chromosome entier pour qu’il ne s’effrite pas. Cet effritement est effectivement lié à ce que je disais tout Ă  l’heure, Ă  certaines maladies, et Ă  des cancers. C’est justement Ă  ce niveau que nous avons pu constater  que, quand certains de ces bouts sont plus courts et certains plus longs, cela est liĂ© Ă  des maladies.

CWN- Si j’ai bien compris en lisant les rĂ©sultats de sa recherche, il Ă©tait aussi question de vieillissement. Quand est–il exactement ?

Dr. Njajou- Nous travaillons sur le vieillissement dans beaucoup de cadres. On peut parler d’un vieillissement biologique et d’un vieillissement chronologique. Nous sommes plus concentrĂ©s sur le vieillissement biologique, ou encore la montre biologique. Dans ce cadre de vieillissement et en relation avec les tĂ©lomĂšres, nous essayons de voir comment est ce que les tĂ©lomĂšres influencent le vieillissement dans le cadre des maladies liĂ©s ou des traits liĂ©s au vieillissement. Si vous prenez des maladies comme le diabĂšte, de plus en plus nous savons que cela s’attrape un peu plus tard. En revanche les maladies cardio-vasculaires touchent les personnes plus ĂągĂ©es, on a ce qu’on peut appeler des maladies liĂ©es au vieillissement. Les cancers par exemple, c’est vrai qu’on en trouve dans la population jeune, mais les statistiques montrent que dans la population adulte, ces maladies sont beaucoup plus frĂ©quentes. Nous essayons de comprendre pourquoi et comment est ce que les effritements des chromosomes, comment est ce que les longueurs de chromosomes ainsi que les changements et les mutations dans ces parties de chromosomes, c’est-Ă -dire les tĂ©lomĂšres, influencent les maladies telles que le diabĂšte, le cancer, les maladies cardio-vasculaires et l’obĂ©sitĂ©; aussi nous voulons comprendre comment les mutations dans ces parties du chromosome, ou leurs longueurs ont une influence sur ces maladies.

CWN- Comment l’Afrique, et plus particuliĂšrement le Cameroun peuvent bĂ©nĂ©ficier des rĂ©sultats de ces recherches ? Surtout ceux atteints par les maladies suscitĂ©s.

Dr. Njajou- Pour ce qui est de la science, tout dĂ©pend des politiques mises en place. Il faut des instituts pour la traduction ou transposition des dĂ©couvertes mĂ©dicales. En ce qui concerne l’Afrique, gĂ©nĂ©ralement, il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en compte. Les politiques sanitaires, les Ă©tats des services, les mentalitĂ©s etc.
 au niveau de chaque pays, c’est diffĂ©rent. Il y en a qui sont avancĂ©s, car il y a des structures qui peuvent se charger de voir comment implĂ©menter certaines dĂ©couvertes dans les laboratoires et les traduire directement sur les patients. Pour l’Afrique je dirais que nous sommes un peu Ă  la traĂźne par rapport aux pays occidentaux qui ont ce qu’on appelle les instituts of« translational medecine », c’est Ă  dire qu’on traduit directement les dĂ©couvertes de laboratoires en pratique mĂ©dicales. Je crois que ce sont des secteurs Ă  encourager chez nous, et j’espĂšre que nous y parviendrons.

CWN- S’il fallait expliquer la recherche aux enfants comment le feriez-vous ?

Dr. Njajou- Je dirais aux enfants, je reviens sur ce que nous Ă©tudions au Cameroun si on parle de recherche en gĂ©nĂ©ral dans ce cadre, ce que nous apprenions au cours moyen, Ă  savoir les sciences d’observation. Quand un fruit tombe, on se pose la question, pour quoi ce fruit tombe ?  Alors on va d’une observation Ă  une hypothĂšse. On se dit si le fruit est tombĂ© c’est parce qu’il y a eu un Ă©vĂšnement. Nous Ă©valuons ces observations en forme d’hypothĂšses et nous faisons nos analyses et arrivons Ă  des conclusions.
Pour ce qui est par exemple des tĂ©lomĂšres, je dirais aux enfants, si je regarde les bouts des lacets et ils s’effritent. Je me poserais la question de savoir pourquoi s’effritent-ils ? Je me dirais que c’est peut-ĂȘtre la consĂ©quence de contacts frĂ©quents avec l’élĂ©ment. Ensuite, j’évaluerai l’effet de cet effritement sur la durĂ©e de vie du lacet, sur les chaussures elles-mĂȘmes ou pour le cas qui nous concerne avec les tĂ©lomĂšres, la durĂ©e de vie de la cellule et par lĂ  de l’homme.

CWN- Pensez-vous que l’Afrique plus particuliùrement le Cameroun a une politique qui encourage la recherche scientifique ?

Dr. Njajou- Pour avoir participĂ© aux confĂ©rences en Afrique tout rĂ©cemment et au Cameroun au mois de Mars 2009, je dirais qu’il y a un dĂ©but d’engouement pour la recherche scientifique. Tout le monde est conscient que ce sont ces recherches qui nous aident au jour le jour. Que ce soit au niveau de l’énergie Ă©lectrique, le gaz, les micro-ondes, etc
. ces recherches nous aident au quotidien.

Par ailleurs, je sens qu’il y a de l’engouement des gouvernements Africains ainsi qu’au Cameroun. Mais pour ce qui est des politiques mises en place afin que ces recherches aient effectivement lieu, c’est autre chose. Il y a un problĂšme de mentalitĂ©, Nos mentalitĂ©s. Est ce que nous sommes vraiment conscients du fait que le produit fini de la recherche est ce que nous consommons ? Il y a dans les universitĂ©s et dans les centres de recherches, le peu qu’il y a au Cameroun, cet engouement ;  mais on constate malheureusement que beaucoup de chercheurs et d’enseignants sont sous-utilisĂ©s ou n’ont pas les moyens pour travailler. Ils sont lĂ  plus comme fonctionnaires que chercheurs, ils sont lĂ  et cela suffit. Ceux qui veulent travailler n’ont pas les moyens et quand il y a ces moyens, ils sont dĂ©tournĂ©s. Tant que les politiciens de leur cĂŽtĂ© ne mettent pas tout un systĂšme et tous les moyens en place pour que tous ces chercheurs et enseignants puissent avoir le minimum vital, les garanties de compĂ©tition, les moyens de la recherche, nous serons toujours les derniers et cela me fait mal. La politique de la recherche au Cameroun peut et doit ĂȘtre encouragĂ©e et il y a plusieurs mĂ©thodes pour le faire, il y a plusieurs systĂšmes d’encouragement, des structures et d’évaluation que nous pouvons mettre en place, j’espĂšre que nous le ferons et verrons les fruits trĂšs bientĂŽt.

CWN- Il y a de plus en plus de coopĂ©ration entre les universitĂ©s AmĂ©ricaines et les universitĂ©s africaines dans le domaine de la recherche.  Quels sont les points sur lesquels il faut mettre l’accent ?

Dr. Njajou- Je crois que dans le cadre des Ă©changes entre les universitĂ©s Africaines et occidentales, Ă  mon avis l’accent devrait ĂȘtre mis sur le transfert de technologie. Ce transfert peut ĂȘtre fait soit en Ă©quipement, soit de matĂ©riels et soit de connaissances. Il peut se faire soit dans le cadre de projets ou de coopĂ©ration, de connaissances et de savoir. Plus important, serait le transfert de mentalitĂ©, si nous pouvions copier cette mentalitĂ© de travail et de responsabilitĂ©, et de persĂ©vĂ©rance, je pense que nous serions sur la bonne voie. Je ne demande pas de copier les « blancs » mais de copier les bonnes mĂ©thodes, mentalitĂ©s et maniĂšre de travailler et d’aimer le travail.

CWN- Vous ĂȘtes en contact avec les meilleurs chercheurs de l’UniversitĂ© de San Francisco, parmi lesquels le Prix Nobel de MĂ©decine avec qui vous avez fait des recherches et des publications. Si vous devriez vous adresser au ministre de la Recherche du Cameroun, que lui diriez-vous afin que ce domaine prenne une autre dimension ?

Dr. Njajou- Je dirais au ministre, je dirais aux politiciens, je dirais aux chargĂ©s de recherches au Cameroun, d’établir des contacts, des collaborations, de pouvoir prĂ©senter des projets viables et finançables aux nombreux organismes de financement. Je dirais aux chercheurs surtout au Cameroun, de s’intĂ©resser aux collaborations avec l’extĂ©rieur, de pouvoir rĂ©tablir ce que j’appellerai des ponts d’échanges techniques et Ă©ducatifs. De travailler sur le transfert de technologie, d’expertise et de matĂ©riel.

En outre, c’est peut ĂȘtre en crĂ©ant ces centres de recherches spĂ©cialisĂ©s ou on pourra  avoir des Ă©changes entre enseignants, que nous pourrons inviter ces chercheurs au Cameroun pour des sĂ©minaires, et pour des prĂ©sentations au public, et des enseignements clefs y compris des thĂšses , je pense que nous serions gagnants.

De plus, ayant Ă©tĂ© en contact avec certains de ces enseignants ici, Ils sont prĂȘts Ă  aller enseigner au Cameroun et ailleurs en Afrique, se sacrifier sans ĂȘtre payer. Pour ce qui est des arrangements, c’est autre chose. Si quelqu’un est prĂȘt Ă  aller enseigner gratuitement, sacrifier ses vacances pour vous apporter ses connaissances et des projets et qu’en retour vous ne pouvez mĂȘme pas lui assurer son billet d’avion, ou une chambre d’hĂŽtel, comme cela a souvent Ă©tĂ© le cas,  je dirais qu’il n’y a pas une politique de stimulation.

Enfin, Je dirais au ministre que les camerounais sont compétents en matiÚre de science et recherche et que OUI NOUS POUVONS CHANGER LA MANIERE DONT LA RECHERCHE SE FAIT AU CAMEROUN, YES WE CAN !

CWN- Y a t-il des échanges entre vous et les universités Camerounaises ? Si oui, quels sont les axes de cette coopération ?

Dr. Njajou- En ce moment j’ai des contacts privĂ©s avec des enseignants de l’universitĂ© des montagnes, l’universitĂ© de YaoundĂ© et rĂ©cemment avec l’universitĂ© de BuĂ©a. Pour ce qui est des projets concrets, nous n’en avons pas encore. Nous sommes encore au stade primaire ou nous Ă©valuons encore ce que nous allons faire. Vous connaissez la bureaucratie camerounaise, mĂȘme pour des projets simples et gratuits, cela prendra beaucoup de temps. C’est cette bureaucratie qui fait traĂźner les choses dans toutes les universitĂ©s avec lesquelles j’ai eu des contacts. Je dirais que les axes dans lesquels j’évolue, c’est l’enseignement. J’aime enseigner, c’est mon mĂ©tier d’ailleurs, et je le fais de bon cƓur. J’aimerais pouvoir partager mes connaissances avec les camerounais, faire des recherches avec les Ă©tudiants en annĂ©e de thĂšse, discuter avec eux. J’essaye de rĂ©tablir des ponts avec toutes ces universitĂ©s pour pouvoir y aller enseigner, faire des recherches, j’aimerais  participer Ă  des sĂ©minaires, dĂ©velopper des projets et initier les thĂšmes de recherche. Je suis en contact avec certains chercheurs avec qui j’aimerais travailler sur des projets scientifiques qui vont bĂ©nĂ©ficier aux Camerounais.

CWN- On constate que la mĂ©decine traditionnelle et la mĂ©decine moderne coopĂšrent de plus en plus en Afrique. Qu’en pensez-vous ? Dans quelle mesure les rĂ©sultats de vos recherches peuvent-ils ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques Ă  ce niveau ?

Dr. Njajou- C’est une bonne chose et qui doit ĂȘtre encouragĂ©e. Mais on doit savoir que les 2 mĂ©decines que vous citez sont complĂ©mentaires. Dans la mĂ©decine, on a 3 principes de diagnostic, traitement et pronostic du malade. Mes recherches se situent plus Ă  un niveau diagnostic et pourront aider les mĂ©decins ou guĂ©risseurs Ă  savoir quoi ils doivent traiter, c’est Ă  dire le diagnostic et savoir de ce pas diriger le malade vers l’une ou l’autre mĂ©decine selon qu’on peut ou pas traiter. Les maladies gĂ©nĂ©tiques comme la drĂ©panocytose sont des maladies qu’on peut difficilement traiter en mĂ©decine moderne, mais on peut mettre Ă  contribution les connaissances pour amĂ©liorer le traitement en mĂ©decine traditionnelle. Donc dĂšs lors que le mĂ©decin moderne voit que c’est un cas de gĂ©nĂ©tique et qu’il ne peut rien, qu’il informe le malade et l’oriente vers la mĂ©decine traditionnelle s’il trouve qu’il peut ĂȘtre aidĂ©. Et cela devrait se faire vice-versa, pour le bien ĂȘtre du malade et non pour se faire de l’argent comme c’est le cas dans les deux mĂ©decines au Cameroun actuellement.

CWN- Quelle sont vos ambitions personnelles en ce qui concerne la recherche, le prix Nobel aussi ?

Dr. Njajou- Non, je n’y pense pas mais si ça vient, ce sera bien pour le Cameroun et l’Afrique. Mon ambition personnelle en matiĂšre de recherche serait de trouver une solution mĂ©dicale Ă  la drĂ©panocytose qui est une maladie gĂ©nĂ©tique et aussi Ă  lalbinisme qui n’est pas une maladie mais est d’origine gĂ©nĂ©tique et trĂšs prĂ©valente dans la partie du Cameroun dont je suis originaire. La thĂ©rapie gĂ©nique pourrait aider dans ces cas.

Mon plan dans un futur proche c’est de rentrer au Cameroun, pour y crĂ©er ou intĂ©grer un laboratoire de recherche scientifique et pouvoir partager mes connaissances avec les camerounais.

CWN- Que pensez-vous de la recherche en général ?

Dr. Njajou- La recherche pour moi, c’est un don. Il faut savoir que les chercheurs resteront toujours dans l’ombre. Tout ce qui est chercheur ne sera jamais comme un acteur d’Hollywood.

CWN- Quel message avez-vous pour les jeunes chercheurs Africains et Camerounais ?

Dr. Njajou- Je dirais aux jeunes chercheurs, je comprends que ce n’est pas facile, forcez, battez-vous, crĂ©er des projets en collaboration avec les pays occidentaux, ainsi qu’avec d’autres pays africains ; et Ă  force de chercher vous y parviendrez.

CWN- Le mot de la fin, Dr. Njajou ?

Dr. Njajou- Pour la fin je dirais aux parents d’encourager chez les enfants l’éducation plutĂŽt que la facilitĂ©. Pour les adultes ne nous dĂ©courageons pas, travaillons dur et faisons confiance Ă  Dieu pour le reste. Je reste Ă  la disposition de mes sƓurs et frĂšres du Cameroun et d’Afrique pour qu’on fasse revivre ce pays et ce continent.  Enfin, je dirais merci Ă  cameroonwebnews de m’avoir donnĂ© l’opportunitĂ© d’échanger avec les camerounais, les Africains et les autres chercheurs Ă  travers le monde.

Vous pouvez contacter Dr. Omer Njajou Ă  l’adresse Ă©lectronique suivante: njajou at gmail.com

Quelques Références des travaux du Dr. Omer T. Njajou

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19435951?ordinalpos=2&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_DefaultReportPanel.Pubmed_RVDocSum

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17623782?ordinalpos=4&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_DefaultReportPanel.Pubmed_RVDocSum

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11431687?ordinalpos=22&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_DefaultReportPanel.Pubmed_RVDocSum

http://biochemistry.ucsf.edu/labs/blackburn/index.php?option=com_content&view=article&id=8&Itemid=4

References_publications_Dr.Njajou_2

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3 Responses for “Dr. Njajou, de l’U. de Ngoa-EkellĂ© Ă  collaborateur de Dr. E. Blackburn Prix Nobel de MĂ©decine 2009”

  1. Mamane says:

    Thanks Dr. Omer and Congratulations! Brother. I am proud of you and keep up the good work.

  2. Mes félicitations Dr omer pour tout tes travaux et bcp du courage.
    Tu es le vraie LION INDOMPTABLE de la médecine dans le monde.
    Si c’est possible ne manque pas de venir faire des confĂ©rences dans nos facultĂ©s de mĂ©decine au pays.

  3. Martine says:

    Quel plaisir de savoir que nous avons un compatriote qui collabore avec le Prix Nobel de Medecine.
    Bravo! comme quoi le Cameroun regorge de talents cahés.
    Bravo Dr. Omer pour tous tes efforts.
    Martine.

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