Par lemessager | Lundi 8 mars 2010 | Le Messager|
Depuis le 12 janvier et ceci jusquâau 4 mars 2010, plus de deux cent agents dâOrange Cameroun, tous grades confondus sont dans lâĆil du cyclone de la direction gĂ©nĂ©rale de cette entreprise de tĂ©lĂ©phonie mobile. DâaprĂšs des informations en notre possession, en dehors des employĂ©s «grĂ©vistes» qui ont tous Ă©tĂ© traduits au conseil de discipline avec des sanctions allant des avertissements, blĂąmes et mises Ă pied (de trois Ă huit jours), un employĂ© de cette sociĂ©tĂ© a Ă©tĂ© licenciĂ©, pour avoir participĂ© Ă cette grĂšve. DâaprĂšs les confidences dâun dĂ©lĂ©guĂ© du personnel ayant requis lâanonymat, «la direction de Orange Cameroun fait la chasse aux sorciĂšres. Tous ceux qui ont participĂ© Ă cette grĂšve de dĂ©cembre doivent payer les pots cassĂ©s. A travers cette grĂšve, nous avons montrĂ© tous les dysfonctionnements qui existent dans cette sociĂ©tĂ©, dysfonctionnements que les responsables voulaient maintenir cachĂ©s. Ce nâest rien dâautre quâune vengeance pour que nous ne grevions plus, mĂȘme si nous avions raison».
Joint au tĂ©lĂ©phone pour avoir la rĂ©action de lâentreprise face Ă ces accusations, Blaise Etoa, chargĂ© des relations avec la presse, sâest dit incompĂ©tent pour se prononcer sur ce problĂšme : «Faites-moi parvenir un protocole dâinterview oĂč toutes vos inquiĂ©tudes seront mentionnĂ©es. Je vais me rapprocher des services compĂ©tents pour trouver une rĂ©ponse Ă vos interrogations. Je suis responsable des relations avec la presse et non directeur des ressources humaines. Si vous posez une question sur la technique ou sur les finances, jâaurai la mĂȘme dĂ©marche. Je suis un communicateur et non un technicien ni un financier. A Orange Cameroun, tout est organisé» sous rĂ©serve des Ă©vĂšnements Ă©clairages que les responsables de cette entreprise pourraient apporter, Les concernĂ©s ont leurs petites idĂ©es. Parmi ces agents sanctionnĂ©s, se trouvent des dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel en ballottage dĂ©favorable. Qui se refusent Ă percer lâabcĂšs. Pour lâun dâeux qui pĂšse ses mots avant de parler, «le moment nâest pas encore venu de communiquer. Nous le ferons en temps opportun car nous sommes Ă une pĂ©riode charniĂšre de nos nĂ©gociations avec la direction gĂ©nĂ©rale. Si tout se passe bien, la sĂ©rĂ©nitĂ© va revenir dans la maison, sinon nous allons passer Ă lâoffensive et tant pis pour les pots cassĂ©s.»
Convention collective
MalgrĂ© cette situation trouble, la signature de la convention collective sâest effectuĂ©e vendredi 29 janvier 2010 Ă YaoundĂ© sous les bons hospices du Pr Robert Nkili, ministre du Travail et de la sĂ©curitĂ©. Mais chose curieuse, relĂšvera un dĂ©lĂ©guĂ© du personnel, «dans la salle de lâhĂŽtel Hilton oĂč se signait cette convention collective, on retrouve un employĂ© licenciĂ© et des dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel pourtant suspendus par la direction gĂ©nĂ©rale. Ces dĂ©lĂ©guĂ©s ont mĂȘme paraphĂ© des documents. Que cache ce cirque ? Comment peut-on signer des documents avec un licenciĂ© et des suspendus qui de toute façon ne seront plus intĂ©grĂ©s sans reprĂ©sailles ?» Avec trente et quatre dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel (titulaires et supplĂ©ants) dont certains ne savent toujours pas Ă quelle sauce ils seront mangĂ©s avant la fin de ce mois de mars 2010, car de nouvelles sanctions plus draconiennes sont annoncĂ©es par la rumeur, câest un branle-bas gĂ©nĂ©ral Ă Orange Cameroun aussi bien Ă Douala quâĂ YaoundĂ©.
Selon un dĂ©lĂ©guĂ© du personnel sous anonymat, «il y aura encore des licenciements pour ce mois. Les dirigeants sont dĂ©cidĂ©s Ă nous faire ça dur. Je sais que mon nom sera inscrit sur la liste des partants, sauf si câest un miracle. Mais jâai espoir en la derniĂšre nĂ©gociation qui est en cours. De lĂ peut jaillir la lumiĂšre qui Ă©pargnera des dĂ©sagrĂ©ments aussi bien Ă lâentreprise quâaux employĂ©s. La direction gĂ©nĂ©rale doit comprendre que la grĂšve est un moyen dâexpression reconnu par la loi».
Aux derniĂšres nouvelles, les nĂ©gociations sont bloquĂ©es entre les dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel reprĂ©sentant les employĂ©s sanctionnĂ©s et la direction gĂ©nĂ©rale. «La direction gĂ©nĂ©rale a balayĂ© nos derniĂšres propositions du revers de la main », se plaint un dĂ©lĂ©guĂ© du personnel joint au tĂ©lĂ©phone hier dimanche 7 mars 2010, aux environs de 19 heures . « Câest comme si pour nous, la cause est entendue ». Pourtant, des sĂ©ances de travail entre lâUnion network international (le syndicat mondial des tĂ©lĂ©communications), et France TĂ©lĂ©com avaient abouti Ă la dĂ©cision selon laquelle les employĂ©s sanctionnĂ©s devraient reprendre du service. Le feuilleton de la crise Ă Orange Cameroun est loin dâĂȘtre terminĂ©. MalgrĂ© la forte pression internationale et la volontĂ© des agents Ă rentrer dans leurs droits.
Focal: Un soutien international
Dans un communiquĂ© en date du 25 fĂ©vrier 2010, La fĂ©dĂ©ration Sud Ptt (un syndicat français) avait lancĂ© une pĂ©tition en ligne adressĂ©e aux dirigeants dâOrange Cameroun et aux dirigeants du Groupe France Telecom/Orange. PĂ©tition pour exiger lâarrĂȘt des sanctions Ă lâencontre de leurs confrĂšres dâOrange â Cameroun. En voici la teneur. «SalariĂ©-es, client-es de France TĂ©lĂ©com-Orange ou simple citoyen-nes nous sommes offusquĂ©-es de la maniĂšre dont vous agissez envers nos collĂšgues dâOrange Cameroun. Le fait dâintimider ces derniers en les convoquant Ă des entretiens de licenciement ou entretiens pour sanction ne peut avoir cours dans une entreprise qui se doit de respecter les droits sociaux fondamentaux.
Le fait que des personnes dĂ©fendent leurs droits individuels et collectifs et Ă cette fin, utilisent lâensemble des moyens Ă leur disposition ne vous autorise absolument pas Ă rĂ©pondre par des mĂ©thodes dâun autre Ăąge et contradictoires avec la volontĂ© affichĂ©e du groupe Orange de mettre en place un dialogue social Ă la hauteur des attentes de lâensemble des salariĂ©-es du groupe. Nous vous demandons donc dâintervenir de toute urgence pour arrĂȘter cette rĂ©pression sur 300 salariĂ©s dâOrange Cameroun en annulant toutes les convocations et sanctions dĂ©jĂ prises et en rĂ©intĂ©grant celles et ceux dĂ©jĂ licenciĂ©s-es. Nous vous demandons aussi de rĂ©-ouvrir de toute urgence les nĂ©gociations.».
Etame Kouoh (Source : Sud Ptt.com)
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